La mondialisation n’est pas coupable: Déconstruction des mythes selon Paul Krugman

Et si la mondialisation n’y était pour rien ? Paul Krugman (2000), économiste de renom, s’attaque dans son ouvrage « La  mondialisation n’est pas coupable », à ce discours persistant domine la scène politique, économique  et populaire : la mondialisation serait la principale responsable des difficultés économiques internes. On lui impute le chômage, les crises sociales, la dépendance économique, et on considère le commerce international comme une guerre silencieuse entre nations. Un ouvrage issu des peurs économiques contemporaines À la publication du livre, le débat public est saturé de propos alarmistes. Les États-Unis  redoutent la montée du Japon, puis de la Chine. L’ALENA (NAFTA) alimente les craintes : disparition massive d’emplois, nivellement par le bas des conditions sociales, affaiblissement des économies nationales. Parallèlement, le « miracle asiatique » fascine et est présenté comme la preuve qu’une nation peut dominer les autres par la seule performance commerciale. Face à cette vision anxiogène et réductrice, Krugman propose une analyse rigoureuse. Son objectif : démonter la « théorie pop du commerce international»,  séduisante dans les médias et les discours politiques, mais nuisible à une politique économique éclairée. Un pays n’est pas une entreprise La thèse centrale de Krugman, aussi évidente soit-elle, est rarement intégrée au débat public : un pays n’est pas une entreprise. Un État ne peut pas « faire faillite » au sens où une entreprise disparaît du marché. Le commerce international n’est pas un jeu à somme nulle : le gain des uns ne correspond pas mécaniquement à la perte des autres. De plus, pour Krugman, le niveau de vie d’un pays dépend avant tout de sa productivité interne et non de ses seules performances à l’export.  Dans la plupart des grandes économies, le commerce extérieur ne représente qu’une part modeste du PIB. La croissance se joue donc d’abord à l’intérieur, par l’éducation, l’innovation, l’organisation du travail et les politiques publiques. Cette clarification est essentielle car la rhétorique de la « compétitivité nationale » évite souvent les vrais débats : répartition des richesses, fiscalité, investissement public, qualité institutionnelle. Les « gourous » de la compétitivité et les dérives du débat Krugman ne se contente pas d’exposer une thèse abstraite. Par contre il s’en prend directement à plusieurs auteurs et essayistes influents qui présentent le commerce international comme une guerre mondiale. Il pointe les erreurs fréquentes : mauvaise utilisation des statistiques, confusion entre productivité et valeur ajoutée, exagération de l’impact du commerce international sur l’emploi. Ces discours alarmistes ne sont pas neutres. Ils influencent directement les politiques publiques, menant à des subventions inefficaces, à un protectionnisme mal ciblé et à des tensions commerciales inutiles. Chercher systématiquement des responsables extérieurs détourne l’attention des véritables leviers du développement. Le mythe du miracle asiatique Krugman consacre une part importante de son ouvrage à l’analyse du « miracle asiatique ». Contrairement à l’idée largement répandue, il montre que la croissance rapide de certains pays d’Asie reposait sur une accumulation massive de capital et de travail plus que sur l’innovation. Ce type de croissance, qualifiée d’extensive, rappelle l’expérience de l’Union soviétique  spectaculaire dans un premier temps, mais limitée sur le long terme. Sans gains durables de productivité, le modèle s’essouffle. Les « tigres asiatiques » n’ont donc rien de miraculeux : leur trajectoire est compréhensible et non exceptionnelle. Cette analyse invite à relativiser les modèles de développement présentés comme universels, sans prise en compte des contextes institutionnels et sociaux. ALENA, Chine, mondialisation : replacer les chiffres dans le débat Krugman analyse également l’impact des accords commerciaux, en particulier l’ALENA. Le constat est nuancé : les effets sont réels mais modestes, globalement positifs, et loin des bouleversements annoncés par les partisans comme par les détracteurs de ces accords. Le commerce avec le Mexique, par exemple, reste trop limité pour transformer   profondément l’économie américaine. Le décalage entre la réalité des chiffres et la perception dans le débat public est frappant : la mondialisation devient un symbole chargé d’émotions, alors que ses effets réels sont souvent mesurés. Forces et limites de l’ouvrage La grande force de La mondialisation n’est pas coupable réside dans sa clarté pédagogique. En effet Krugman parvient à vulgariser des notions complexes sans les dénaturer, et son ton, parfois humoristique, rend la lecture accessible tout en restant rigoureuse. Cependant, l’ouvrage est centré sur l’expérience américaine et aborde peu les réalités des pays africains ou à faible revenu. Pour un lecteur du Sud, des problématiques comme la dépendance structurelle, l’industrialisation tardive ou les contraintes institutionnelles mériteraient d’être approfondies. Cette limite n’enlève toutefois rien à la portée générale du propos. Lecture et actualité de Krugman pour l’Afrique Dans de nombreux pays africains, la mondialisation reste perçue comme une force extérieure, responsable de tous les problèmes. Krugman invite à changer de perspective : le vrai défi n’est pas le commerce en soi, mais la capacité interne des économies à transformer les échanges en développement réel. Productivité, institutions, politiques publiques, investissement dans le capital humain : telles sont les priorités. Relire Krugman aujourd’hui, c’est refuser les slogans simplistes et renouer avec une analyse économique sérieuse. condition indispensable pour élaborer des stratégies adaptées aux réalités locales. Edition de l’ouvrage Paul R. Krugman, LA MONDIALISATION N’EST PAS COUPABLE : Vertus et Limites du Libre-échange. Titre de l’édition originale : Pop Internationalism. Edition La Découverte, collection Poche Paris 2000. Traduit de l’anglais par Anne Saint-Girons avec le concours de Francisco Vergara

Les 5 sources d’inspiration pour écrire un livre fabuleux depuis l’Afrique

Un jeune se trouvant au fond de la forêt équatoriale voudrait nous raconter une histoire au-travers un roman, il aime l’écriture et la lecture, mais n’a pas souvent accès à des livres… Les livres même des meilleurs auteurs africains, sont les plus absents des rayons des bibliothèques et des librairies africaines (Pourquoi ?). Alors il dit qu’il manque d’inspiration, il ne sait pas par où commencer. Il se retrouve assis sur une pierre, ayant devant lui un beau paysage des vallons aux arbres touffus, son crayon à la main, et son papier vide. Syndrome de la page blanche. Alors, un ancien lui dit :  Pour un jeune auteur, manquer d’inspiration en Afrique est un crime. C’est alors que ce vieux lui donna le secret des sources africaines d’inspiration pour écrire un livre. Il remercie aujourd’hui l’ancien et partage ces sources d’inspiration avec le monde entier.   Des nombreux auteurs africains comme, Léopold Sédar Senghor ou Gaël Faye ou même Chinua Achebe; ont été reçus au panthéon de la littérature alors qu’ils n’ont utilisé rien d’autre que ces cinq sources africaines d’inspiration pour écrire leurs chef-d’œuvres. Et même certains auteurs d’outremer s’inspirent des sources africaines pour écrire leurs livres, c’est le cas par exemple de Barbara Kingsolver, écrivaine américaine, avec son roman ‘’The Poisonwood Bible’’ traduit en français sous le titre ‘’les Yeux dans les arbres’’, où elle parle du Congo Belge. Remarque : Il faut faire la part des choses entre les astuces qui vous aident à booster l’inspiration pour vaincre le syndrome de la page blanche et les sources d’inspiration pour écrire un livre. Souvent, on a tendance à tout mélanger. Ces astuces sont par exemple : griffonner sur un papier, faire une pause, écouter la musique, changer d’environnement, utiliser des cartes vierges, la méthode des 5W, écrire librement, association des mots, marcher dans la nature…Voici les sites qui peuvent vous en dire plus : wikihow, commentécrire.fr.   Des sources classiques d’inspiration Lorsque vous faites une recherche, vous trouverez plusieurs sources d’inspiration, souvent présentées de manière générale. Je les regroupe en trois grandes sources principales dont :   La lecture Disons-le encore : les grands auteurs sont des grands lecteurs. Lire des livres est et reste un des excellents moyens de trouver de l’inspiration. Comme les idées engendrent des idées ; les idées des livres pousseront à votre esprit à concevoir et créer d’autres idées. En lisant plusieurs genres (romans, poésies, essais, biographies, les livres d’histoire…) et plusieurs auteurs des plusieurs contrées du monde, vous aurez à explorer des thématiques variées.   Observation du quotidien Les écrivains sont des artistes, des peintres des mots. Ils utilisent la plume comme pinceau pour peindre le monde qu’ils observent au quotidien. En psychiatrie, les médecins disent qu’on ne délire pas en dehors de sa réalité. Les fictions ou même les idées philosophiques révolutionnaires, proviennent toujours des faits sociaux de tous les jours. Soyez un grand observateur, écoutez les conversations en public, prenez compte de chaque discussion, chaque nouvelle dans les médias, chaque scène banale autour de vous, chaque opinion controversée… Ayez un sens critique et non des jugements sur la manière de penser des autres, posez-vous des questions, prenez le temps d’y réfléchir vraiment, au lieu de vouloir donner la morale sur le champ, puis écrivez. L’avantage de l’écriture est qu’on peut voir une idée dans tous les angles, on peut la retourner sens dessus-dessous et en dérouler des pages entières qui vont marquer les esprits curieux.   Son vécu personnel Chaque être humain est tissé des pages des livres, un livre fermé qui peut être ouvert au grand monde. D’ailleurs, la célèbre citation d’Amadou Hampâté Bâ en dit long : « un vieillard qui meurt en Afrique est une bibliothèque qui brûle ». Si donc un vieillard est une bibliothèque, un jeune est un dépôt des livres non encore ouverts. Vous pouvez donc puiser dans votre passé, votre enfance, les moments les plus marquants de votre vie, votre famille, votre entourage. Il n’est pas question de faire de tous vos livres des autobiographies, mais d’utiliser ces informations pour les contextualiser dans votre nouvelle œuvre d’art que vous êtes en train de construire. Ces conseils sont universels, concernent tous les écrivains du monde. Ne prennent pas en compte les réalités locales,… Voici donc les sources africaines incontournables qui vous aideront à écrire vos livres les plus fabuleux, qui pourront peut-être vous conduire aussi au panthéon de la littérature.   Les Sources africaines d’inspiration Des Croyances africaines comme source d’inspiration En Afrique, du Sahel à Madagascar en passant par la région des grands lacs et le Kalahari, du Darfour au Magreb en enjambant toutes les dunes du Sahara ; les Croyances spirituelles occupent un rôle majeur dans les activités des sociétés. L’essence même de la vie d’un africain est dans ce qu’il croit, son mode de vie en est influencé. Les situations autour d’un décès ou d’un événement quelconque inexpliqué, qui dépasse l’entendement collectif, font jaillir les croyances, le recours à des pratiques diverses ou même à des mythes. Vous pouvez donc vous inspirer de ces thèmes qui ne sont pas à rechercher avec une loupe : La sorcellerie, l’animisme, les religions, les traditions, les légendes, les contes,… La magie est de créer des personnages aux croyances opposées et vivant ensemble, dans le même monde créé par vous, dans votre récit.   De L’histoire de l’Afrique comme source d’inspiration L’Afrique a une histoire, aussi riche en couleurs qu’en interprétations. Vous avez appris que la plupart de ceux qui l’ont écrite, ne sont pas forcément africains. Et les africains qui le déclarent haut et fort, n’en écrivent pas non plus. Quelle ironie, non ? Chinua Achebe disait souvent : ‘’ Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur’’. Avant le colonialisme, l’Afrique avait une histoire, pendant le colonialisme, l’Afrique en a eu des plus belles (du point de vue narratif) et après le Colonialisme l’Afrique en a des plus fantastiques (digne d’être contée). Si, comme nous l’avons évoqué précédemment, un vieillard africain est une bibliothèque ;…