Le livre ne disparaitra pas : il s’adaptera à son temps

Le livre ne disparaitra pas : il s’adaptera à son temps

Deux jours après le 8 septembre, Journée mondiale de la littérature proclamée par l’UNESCO, une question hante mon esprit. La même pour tout amoureux des mots : le livre, tel que nous le connaissons, est-il sur le point de disparaître ? Écrasé par la révolution numérique, aspiré par les écrans, ou même écrit par des intelligences artificielles ? Voici la réflexion que je mûris depuis longtemps et qu’à la suite de cette journée symbolique je me dois de vous partager : non, le livre ne mourra pas. Mais, comme il l’a toujours fait, il survivra, en évoluant, en se métamorphosant pour épouser son époque. À une ère où les craintes envers l’IA sont légion, jeter un regard à l’histoire pour mieux appréhender l’avenir est plus que nécessaire. Le livre n’est pas un objet figé ; c’est un processus. Et sa prochaine transformation est déjà en marche. Ecrire le meilleur flashback Le livre de la pierre à Gutenberg Pour que le livre devienne tel que nous le consommons aujourd’hui, il a fallu qu’il passe par moult transformations. « L’évolution des formats et des matériaux du livre à travers l’histoire est marquée par une adaptation constante aux besoins des lecteurs et aux avancées technologiques, tout en étant parfois contrainte par les matériaux disponibles. » souligne Radio France. De la tablette de pierre à l’ebook, le livre a dû et a su s’adapter au fil des siècle aux attentes des lecteurs. Alors que l’antiquité connait une littérature essentiellement orale (féodalité, les trouvères et troubadours), la pierre reste le support d’écriture de l’époque. Des tablettes au volumen Au commencement, la mémoire se sculptait dans la pierre lourde et difficilement maniable. Très vite, le papyrus, support plus léger et facilement pliable, lui succède. Puis, le volumen un rouleau long, souvent fabriqué à base des peaux animales devient le format privilégié. Malheureusement, dérouler plusieurs mètres de texte à la recherche d’une phrase précise était un vrai défi. Sans pagination ni table de matières, le lecteur se noyait facilement dans le texte. Prendre des notes en temps réel devenait une nécessité pour ne pas se perdre dans le récit. Le codex et l’âge médiéval Peu après apparaît le codex, composé des feuilles cousues ou collées entre elles. C’est une révolution de portabilité et de confort contrairement aux deux précédents supports. Avec l’introduction de la ponctuation, des index, des tables des matières et des majuscules, le livre tend à sa structure contemporaine. Gutenberg et la révolution de l’imprimerie L’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1435 transforme radicalement la donne. Le livre cesse d’être le privilège des élites et devient accessible au plus grand nombre : la reproduction est plus rapide, plus fiable, moins coûteuse. La diffusion des idées, des savoirs et de la culture peut enfin atteindre des publics jusque-là exclus. Avec l’imprimerie s’ouvrent les bibliothèques publiques, les marchés éditoriaux se créent. La presse émerge elle aussi et le livre devient un vecteur puissant de démocratie culturelle. Il représente alors un pilier de la transmission des idées, de l’éducation et de l’émancipation. Du papier à l’écran : quand le livre rencontre le numérique Le succès fulgurant de l’informatique est le vecteur principal de cette révolution qui touchera tous les secteurs, celui du livre y compris. Le livre va connaitre une transformation comme jamais connue au paravent à travers la numérisation tout d’abord. Cette numérisation se faisant comme un simple scannage d’images connaitra d’autres façons de faire. Les logiciels spécialisés de lecture des livres numérisé verront le jour avant la création des liseuses basée sur la technologie e-ink (encre électronique). L’ebook et la révolution Kindle (2007) La révolution d’internet des années 90 est un prélude aux prochaines innovations sur la façon d’accéder au livre. Entre 2006 et 2007, les entreprises jugeant les ordinateurs trop généralistes se sont lancé un défi de créer un appareil spécialement pour la lecture. C’est ainsi qu’en novembre 2007, Amazon va lancer le Kindle, premier lecteur dédié basé sur la technologie e-ink. Ces appareils ont la capacité d’avoir 300 à 3500 titres, une batterie plus durable que celle d’un mobile standard et une finesse proche de celle du papier. Il marque le point de départ d’une nouvelle ère du livre, numérique et accessible n’importe où. Cependant, les smartphones leur tiennent concurrence aujourd’hui suite à leur polyvalence et leur offre d’une version web plus riche. Le podcasts et l’audiobooks : une nouvelle voix pour le livre Le livre ne doit pas rester figé dans son support papier : les podcasts littéraires et les audiobooks offrent le livre différemment. Le livre audio offre une nouvelle façon de consommer la littérature en m’écoutant, c’est comme avoir quelqu’un qui vous narre l’histoire. De nouvelles expériences sensorielles, particulièrement adaptés aux trajets, à la relaxation ou à la déficience visuelle. Ils permettent également de toucher des audiences avides de récits, mais peu enclines à lire sur papier ou écran. Personnellement, j’en consomme quand je suis en manque motivation ou de concentration ou lors des tâches ménagères. Le site statistica.com annonce une part de marché de 8,9 milliards d’euros et une croissance de 6,21% entre 2025 et 2030.   IA et littérature : enjeux éthiques et culturels Les intelligences artificielles peuvent aujourd’hui rédiger des textes, générer des résumés, proposer des recommandations de lectures. Mais un risque d’uniformité des voix pouvant diluer l’individualité des auteurs demeure persistant et inquiétant. Pourtant, elles peuvent être une opportunité de rendre le livre plus accessible. Cela à travers des traductions instantanées, des adaptations pour malvoyants, des guides de lecture personnalisés… Vers un déclin du livre papier ? Les chiffres à connaître Pas tout de suite car aucun support, quelles que soient les innovations du numérique n’arrive à rivaliser avec le papier. Pour moi par exemple, je suis plus rapide et plus concentré sur du papier que sur un support électronique. Et avec les écrans, il y a les lumières bleues qui ne sont pas bénéfiques pour notre santé oculaire. Aujourd’hui d’ailleurs, un retour à l’écriture à l’ancienne avec une machine à écrire est en train de renaitre. Une…

Vérifier si votre livre a déjà servi à entrainer l’IA

Mars 2025, Alex Reisner, journaliste chez The Atlantic publie un article sur la croissance des livres piratés par l’IA. Dans sa chronique, il affirme qu’il s’agit des millions des titres et Méta est désigné comme premier responsable. Quelques mois après, une autre alerte, sur Amazon KDP cette fois où les auteurs remarquent les pastiches générés par l’IA de leurs ouvrages. Et puis, tout récemment encore, le procès Batz v. Anthropic qui risque de déboucher sur une nouvelle règlementation. Plusieurs millions de livres ont été utilisés (plus de 7 pour le cas Anthropic) et les vôtres en font peut-être partie. Le média The Atlantic a développé un outil basée sur LibGen la base de données dont s’est servi Meta pour entrainer l’IA. Cet outil vous permettra d’en avoir le cœur net en vérifiant par vous-même si c’est déjà le cas ! La base de données peut cependant contenir des erreurs ou des imprévisions étant donné la difficulté de savoir en exhaustivité les titrés utilisés par Meta. Lire aussi : l’IA écrira-t-elle des bestsellers demain ?

L’affaire Rie Qudan l’auteure primée qui a avoué avoir utilisé ChatGPT pour son livre

L’affaire Rie Qudan : l’auteure primée qui a avoué avoir utilisé ChatGPT pour son livre

Nous sommes en janvier 2024, Tokyo-to Dojo-to (Sympathy Tower Tokyo) de Rie Qudan est primé. Ce roman futuriste remporte le prestigieux prix japonais Akutagawa mais son auteur avoue avoir recouru à ChatGPT pour son écriture. Le roman se déroule dans un Tokyo du futur et nous est présenté comme une sorte de prophétie de l’IA dans d’après le Japan News.  5% du livre serait constitué des phrases générées par l’IA, d’après l’auteure qui a ajouté qu’elle n’a pas hésité à se servir de son potentiel.  Cette déclaration a indigné plus d’un et relancé des débats sur l’avenir de la littérature à l’ère de l’intelligence artificielle. Lire aussi : l’IA écrira-t-elle des bestsellers demain ? La position de Rie Qudan face à l’IA Avec Tokyo-to Dojo-to, Rie Qudan, 34 ans, en est déjà à son quatrième livre.  Mais c’est ce dernier ouvrage, qui a propulsé son nom au centre d’un débat brûlant : L’IA peut-elle remplacer l’humain dans la création littéraire ? Peut-elle produire des bestsellers capables de marquer des générations ? Interrogée sur sa démarche, l’auteure a répondu sans détour : « Je ne m’inquiète pas que mon texte soit utilisé pour entraîner des IA. Je reste convaincue qu’il y a une part de moi qu’aucune machine ne pourra copier. » Pour elle, l’IA n’est pas une menace mais un outil. Elle insiste sur le fait qu’aucune technologie ne peut remplacer l’expérience humaine, la sensibilité personnelle et la singularité d’un auteur. Lire aussi : le scandal des fausses recommandations générées par IA Quel avenir pour la littérature face à l’IA ? Le cas Qudan soulève plusieurs questions : Les écrivains de demain devront-ils composer avec l’IA ? Les jurys littéraires accepteront-ils des œuvres coécrites avec des machines ? Le jury du prix parle d’un livre d’une « telle perfection qu’il est difficile d’y trouver des défauts » (France Info).  Cette réaction n’est-elle pas une réponse par l’affirmative aux questions soulevées ci-dessus ?  Alors que certains voient en l’IA une révolution créative, d’autres y lisent un danger d’authenticité et la valeur artistique de oeuvres.  Mais quels que soient nos avis, il est évident que l’IA a commencé l’écriture d’un nouveau chapitre dans l’histoire de l’humanité. Le secteur du livre n’a pas manqué d’en être secoué mais, comme à la vague du numérique dans les années 90, elle résistera et s’adaptera.  Rejoindre le Club-Fondateur

L’IA écrira-t-elle des bestsellers demain ?

L’IA écrira-t-elle des bestsellers demain ?

“L’intelligence artificielle produira probablement des bestsellers d’ici 2030”, a déclaré Philipe Stone, analyste chez Nielsen BookIQ.  C’était lors de son intervention à une conférence sur le marketing et la publicité organisée par The Bookseller. Cette prédiction qui enthousiasme certains laisse plus d’un sceptique quant à l’avenir du livre. 7 alternatives à Amazon KDP L’IA produit déjà du contenu commercial L’IA pourrait écrire très bientôt des livres de coloriage ou des guides pratiques, souligne Stone lors de son intervention.  Les algorithmes génératifs semblent bien s’en sortir avec ces genres où la créativité pure est moins dominante. Certaines IA produisent déjà, par exemple, des livres de cuisine, des recueils de citations ou des quiz.  Courts et faciles à générer, ces formats trouvent leur place sur les plateformes de vente comme Amazon Kindle ou Audible. Mais la fiction reste un défi pour les machines Pour Stone, la fiction littéraire reste pour l’instant difficile à automatiser.  Les intrigues complexes, les émotions humaines et la subtilité du style sont encore hors de portée des machines. Cela dit, la tendance à la brièveté pourrait changer la donne. Le format « novella » (roman court) connaît une renaissance, en partie grâce aux habitudes de lecture accélérées sur mobile.  Ce format hybride entre nouvelle et roman long convient mieux aux capacités actuelles des IA. Lire aussi : droit d’auteur et IA Quels genres domineront le marché d’ici 2030 ? Philippe Stone évoque plusieurs tendances littéraires qui devraient se confirmer : En fiction : le young adult, la fantasy et la romance resteront très populaires. Ce sont aussi les genres les plus recommandés sur TikTok (#BookTok) et Instagram (#Bookstagram). Le manga, la BD et les romans graphique ont eu aussi le vent en poupe. En non-fiction : les livres interactifs comme les quiz, puzzles ou activités pratiques rencontrent un public croissant, notamment chez les familles ou dans un cadre éducatif. Les formats hybrides : audiolivres, livres animés, expériences immersives, etc., séduisent un lectorat en quête de nouveauté. Le marché du livre en constante évolution Entre 2024 et 2025, les ventes de livres papier ont légèrement chuté, passant de 245 à 239 millions d’exemplaires.  L’ebook aussi est en baisse depuis 2022. En revanche, le livre audio explose : de 9 millions de ventes il y a dix ans, on est passé à 34 millions en 2024. Cette transformation reflète une mutation des usages : mobilité, écoute passive, rapidité.  Des critères qui influencent aussi la manière dont les éditeurs pensent les livres à venir. L’IA, un allié pour le marketing du livre ? Outre la production des images, textes ou vidéos, l’intelligence artificielle joue déjà un rôle dans :  La recommandation de livres,  La gestion des campagnes publicitaires, ou encore  La traduction automatique. Les éditeurs exploitent également l’IA pour analyser les tendances : formats, mots-clés populaires, réactions sur les réseaux sociaux.  Cette approche data-driven alimente les stratégies commerciales et éditoriales. IA : écriture ou co-écriture ? Les auteurs doivent-ils s’inquiéter ? Si l’IA peut produire certains types de livres, elle ne remplace pas encore l’auteur humain.  La narration profonde, l’originalité du style, l’expérience de vie d’un écrivain : aucun algorithme ne peut les imiter parfaitement. Plutôt que de s’opposer à la machine, de nombreux auteurs expérimentent déjà des formes de coécriture avec l’IA, ou s’en servent comme assistant créatif. Au regard de toutes les avancées technologiques, il est certain que l’intelligence artificielle va transformer la chaîne du livre.  Elle écrira sans doute des bestsellers – surtout dans certains formats et genres – mais ne remplacera pas la plume humaine. Comme l’a rappelé Stone : « La technologie ne tuera pas l’art. Elle lui offrira de nouveaux outils, de nouvelles formes. »… Adhésion requise Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.Already a member? Connectez-vous ici...

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Livres générés par IA sur Amazon KDP menace de la confiance des lecteurs

IA sur Amazon KDP menace de la confiance des lecteurs

Depuis l’essor fulgurant des intelligences artificielles génératives, Amazon KDP est inondé de livres créés par des machines. Si la technologie permet à chacun de publier un ouvrage en quelques clics, elle soulève aussi de sérieuses inquiétudes : plagiat, qualité douteuse, détournement d’identité d’auteur… Les dérives se multiplient, au point d’ébranler la confiance des lecteurs et des éditeurs. Enquête. Lire aussi : Débuter sur Amazon KDP Une explosion de contenus générés par IA sur Amazon KDP Avec l’accessibilité croissante des outils d’intelligence artificielle, la plateforme Amazon KDP est devenue un terrain fertile pour la publication de contenus automatisés. De nombreux ouvrages générés par IA ont vu le jour, parfois sans mention explicite de leur origine non humaine. Pour y remédier, les entreprises du GAFAM ont exigé que soit ajoutée la mention « créé par IA », afin de protéger les œuvres authentiques. Mais ces livres, parfois bâclés et remplis d’erreurs, s’infiltrent dans les recommandations automatiques d’Amazon. Cela pose le problème non seulement en matière de qualité, mais aussi de confiance pour les lecteurs. Lire aussi : Amazon impose la mention IA Des auteurs victimes de détournements par l’intelligence artificielle Le comédien et auteur Rhys James, dont le livre doit paraître le 16 août chez Wildfire, a récemment dénoncé sur TikTok. Il a remarqué qu’un ouvrage manifestement généré par IA et de piètre facture était recommandé sous le sien. Dans la vidéo datée du 30 juillet, il explique qu’il a failli acheter l’un de ces titres par erreur, en raison de la similarité des titres et des mots-clés utilisés. Ces faux livres, souvent accompagnés de couvertures créées par IA, reprennent des éléments très proches des publications originales. Ce fut aussi le cas de l’autrice Bradbury, dont le livre Walk Yourself Happy a été copié et dérivé en une version IA titrée Hack Yourself Healthy, annoncée pour septembre 2025. Même constat pour Leo Varadkar, dont l’autobiographie à paraître a été imitée par un faux livre IA : LEO VARADKAR: The Rise, the Fight, the Silence — What Power Never Shows You. Autant de dérives inquiétantes relevées par le média spécialisé The Bookseller. Guide pour s’auto-éditer sur KDP Les conséquences pour les lecteurs et les éditeurs Dan Conway, CEO de la Publisher Association, alerte sur la perte de confiance des consommateurs face à ces faux ouvrages qui se multiplient sur Amazon. Ces pratiques entraînent une perte financière directe pour les éditeurs, mais surtout une érosion de leur crédibilité. Sur le long terme, c’est l’ensemble de la chaîne du livre qui pourrait en pâtir. Au-delà de la fraude, ces pratiques interrogent : pourquoi investir du temps et du cœur dans l’écriture, si une IA peut ensuite imiter et parasiter ce travail en quelques secondes ? Chaque livre porte en lui une part de l’âme de son auteur, ce que les intelligences artificielles ne peuvent que reproduire, sans vraiment le ressentir. Les réponses d’Amazon face à la montée des contenus IA Amazon a réagi en affirmant avoir investi dans des outils capables de détecter les ouvrages qui enfreignent les conditions générales d’utilisation. La plateforme met également à disposition une fonctionnalité de signalement (report an issue) permettant aux utilisateurs de notifier un contenu problématique. En outre, plusieurs mesures sont progressivement mises en place, notamment une vérification d’identité renforcée au Royaume-Uni pour tout nouvel auteur sur KDP. Objectif : limiter la prolifération de contenus frauduleux ou automatisés non déclarés. Recherche des mots-clés sur KDP Quel avenir pour l’édition à l’ère de l’intelligence artificielle ? Si aujourd’hui les textes générés par IA sont jugés froids ou sans émotion, il n’est pas exclu que les algorithmes finissent par intégrer une imitation des sentiments humains. Ce progrès pose une nouvelle question éthique : où commence l’originalité, où finit la copie ? Face à ces bouleversements, certains éditeurs envisagent la création d’un label garantissant des ouvrages « 100 % humains ». Un gage de qualité et d’authenticité, alors que la frontière entre humain et machine devient de plus en plus floue.

Le droit d'auteur et l'IA dans l'industrie du livre

Le droit d’auteur et l’IA dans l’industrie du livre

L’industrie de l’intelligence artificielle est en évolution fulgurante.  Selon Statista, le marché de l’IA a dépassé les 184 milliards de dollars en 2024 et pourrait atteindre plus de 826 milliards d’ici 2030.  Si cette avancée technologique offre des opportunités énormes, elle soulève également des questions complexes, notamment dans le domaine des droits d’auteur.  Cet article explore les enjeux liés à l’utilisation de l’IA dans l’industrie du livre, en examinant les avantages, les inconvénients, les mesures juridiques existantes et les perspectives d’avenir. Lire aussi : Amazon KDP et IA L’émergence de l’IA dans l’industrie du livre L’intelligence artificielle, en particulier les modèles génératifs comme ceux d’OpenAI ou MidJourney, a radicalement transformé la façon dont les créations artistiques et littéraires sont produites.  En 2023, une enquête mondiale de PwC en 2024 indique que 64 % des dirigeants d’entreprise s’attendent à ce que l’IA générative augmente l’efficacité du temps de travail de leurs employés. Comment l’IA est-elle utilisée dans la création de livres ? Génération de contenu textuel : Les outils comme ChatGPT ou Jasper AI permettent de produire des ébauches de romans, de poèmes ou d’articles en quelques minutes. Aide à la traduction et à la localisation : DeepL et d’autres outils IA rendent les œuvres accessibles à un public mondial. Conception de couvertures : Les outils comme DALL-E peuvent créer des visuels adaptés aux thèmes des ouvrages. Analyse de tendances : Les algorithmes d’IA aident à prévoir les tendances éditoriales et à optimiser le marketing des livres. Ces innovations apportent de nombreux avantages à l’industrie, mais elles ne sont pas sans poser des défis juridiques et éthiques. Avantages et inconvénients de l’IA dans l’industrie du livre Avantages Accessibilité accrue : L’IA permet aux auteurs et éditeurs de produire et de traduire des contenus rapidement, réduisant ainsi les coûts. Gain de temps : Les outils génératifs réduisent le temps de création, ce qui est idéal pour les auteurs pressés ou les projets à deadlines strictes. Expérimentation créative : Les IA peuvent proposer des idées nouvelles ou explorer des styles littéraires inhabituels. Inconvénients Perte d’authenticité : Les œuvres produites par l’IA peuvent manquer de profondeur ou d’âme, un élément souvent associé à la créativité humaine. Problèmes de droits d’auteur : Qui détient les droits sur une création générée par une IA ? Le programmeur, l’utilisateur ou personne ? Plagiat involontaire : Les IA peuvent reproduire des extraits d’œuvres existantes sans les citer explicitement, soulevant des questions éthiques et juridiques. Lire aussi : L’industrie littéraire à l’ère de l’IA Les mesures juridiques autour des droits d’auteur et de l’IA Le droit d’auteur repose historiquement sur le concept d’œuvre originale créée par une personne physique.  Avec l’IA, cette définition est mise à l’épreuve. L’état actuel des lois En Europe, la Directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique (2019) ne traite pas explicitement des créations générées par l’IA, laissant un vide juridique. Aux États-Unis, les créations issues de l’IA ne sont pas éligibles au copyright, selon une décision de l’US Copyright Office en 2023. Au Japon, les œuvres produites par l’IA sont partiellement protégées si elles incluent une contribution significative de l’humain. Exemples concrets En 2022, un roman coécrit par une IA et un auteur japonais a été finaliste d’un prix littéraire. Les juges ont dû débattre pour savoir si le prix pouvait être attribué à une entité non humaine. En France, un éditeur a été poursuivi pour avoir publié un recueil de poésies générées par IA. Il aurait omis de créditer les sources d’inspiration textuelle. En 2023, un artiste a intenté une action en justice après que les États-Unis ont refusé le droit d’auteur pour une image générée par l’IA. Prévisions et perspectives d’avenir L’utilisation de l’IA dans l’industrie du livre continuera de croître, mais elle n’échappera pas à des régulations plus strictes. Voici quelques prévisions : Réglementations claires : Les gouvernements et organisations internationales devront établir des lois spécifiques pour les œuvres générées par l’IA. Certifications éthiques : Les auteurs et éditeurs pourraient devoir utiliser des IA conformes à des standards éthiques. Co-création homme-machine : L’avenir pourrait résider dans une collaboration harmonieuse, où l’humain donne le cap et l’IA exécute. Conclusion Le droit d’auteur et l’IA dans l’industrie du livre soulèvent des défis fascinants et complexes.  Si l’IA offre des outils puissants pour révolutionner la création littéraire, elle pose également des questions fondamentales sur la propriété intellectuelle et la créativité.  Il est crucial que les parties prenantes – auteurs, éditeurs, juristes et techniciens – travaillent ensemble pour façonner un avenir où innovation et respect des droits coexistent harmonieusement…. Adhésion requise Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.Already a member? Connectez-vous ici...

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La création littéraire à l'ère de l'IA

La création littéraire à l’ère de l’IA

La création littéraire, peut-on encore y croire à l’ère où l’IA frappe fort et tente de prendre toute la place ? Depuis le lancement par Openai de Chat GPT, l’industrie de l’intelligence artificielle a explosé. Des IA génératives de textes, d’images et tout récemment des vidéos, ces outils génèrent peur et frustration. Les plus alarmistes annoncent la disparition de plusieurs métiers pendant que les plus optimistes et peut-être aussi réalistes pensent qu’il faudra vivre avec. La révolution de l’IA est là et elle n’est pas prête à s’arrêter. Il faut tâcher de trouver un moyen de se faire à la réalité et de s’en servir comme des outils dont on se sert déjà comme les logiciels d’écriture. Mais il sied de signaler qu’aucune technologie n’aura toutes les facultés humaines… Devons-vous nous en frotter les mains ? L’avenir nous donnera raison Faire le plan de son livre 1. IA et créativité Toute révolution technologique a toujours des conséquences – positives ou bien négatives – sur son temps. Notre époque n’échappera pas à son impact qui continue à faire railler plus d’un. J’ai eu l’envie de rédiger cet article dernièrement quand, scrollant calmement sur Facebook, je suis tombé sur une publicité d’une IA. L’IA en question (oups, je n’ai même pas retenu le nom) repose son marketing sur une promesse : vous aider à produire un bestseller en 1 minute. Bestseller ? Ce mot, d’origine anglaise, contient le verbe to sell (vendre) et l’adjectif best (meilleur) qu’on peut traduire littéralement par meilleur vente. N’est-ce pas un peu précipité, de parler de « bestseller » avant même l’écriture du livre en question ? Il faut dire que le créateur de la publicité à tout misé sur sa promesse, comme le prescrit les normes du copyrighting. Cela m’a surpris et désolé à la fois que j’ai eu mille et une questions dans ma tête. Ce sera quel genre de récit ? Dans quel style ? Sera-t-il authentique ? Emouvant ? Quand il faut des mois voire des années à certains auteurs pour achever un livre, et voir qu’on peut pondre bêtement 300 pages avec juste un prompt… c’est affligeant. Je me suis tout de suite interrogé sur ce raccourci que certains n’hésiteront pas à emprunter s’ils ne le font pas déjà. 2. Limites actuelles de l’IA en création littéraire Depuis la parution des IA, nombreuses personnes se sont penchées sur l’épineuse question de savoir comment détecter un texte ou une image créée par des intelligences artificielles. Pour certains, on peut remarquer la présence des majuscules au début de chacun de mots d’un titre. Ça Ressemble A Ceci (illustration insérée volontairement dans le texte). D’autres diront encore, pour les images, qu’il y a des imperfections sur certains organes : les lèvres, les oreilles, les yeux. Les voix quant à elles, sont souvent machinales, bref, ça saute aux yeux une œuvre avec une IA pour les habitués. Mais depuis la création de ces outils, on ne peut pas se mentir, ils ont évolué et tentent de répondre aux attentes des utilisateurs. Pour la création littéraire, ceux qui s’en servent recourent aux outils IA de rédaction des textes. Pour certains, tout semble préformaté, les mêmes phrases, les mêmes tournures, la même structure. D’après tout, son rôle est de proposer une réponse à votre question, sa manière de formuler semblerait être la même. Les habitués d’IA font remarquer que plus on est spécifique dans son prompt (sa requête), plus l’IA génère les meilleurs résultats.  Mais une chose est certaine, l’IA, tout comme les logiciels de correction, ne pourra pas détecter l’incohérence dans le récit, il répond c’est tout. Tout ce que nous pouvons dire actuellement est que la frontière est encore très large entre la création humaine et la création artificielle, mais plus le temps passe, plus cette frontière s’amenuise. Est-ce que c’est pour autant qu’il faudra dire que l’IA ne rattrapera pas la touche humaine ? Attendons voir… Lire aussi : devenir auteur à temps plein aujourd’hu ? 3. Craindre ou tirer parti de l’IA en création littéraire ? Puisque cette question est formulée en deux volets, je répondrai selon les deux points de vue en étayant chacune. L’être humain est un artiste ; dans chacun de ses livres il nous dévoile une partie de son être. L’écriture, c’est un don de soi à son lecteur. C’est pour ça qu’un auteur usera de l’empathie, de l’émotion, parlera de ses expériences de façon directe ou indirecte, des lieux où il a vécu, de son passé, des ses échecs, de ses difficultés. C’est l’ensemble de tout cela qui donne naissance à un récit émotionnellement et humainement engageant. L’IA par contre n’a pas d’histoire, n’a pas de passé, de maison d’enfance. Pour assembler, tel un puzzle son récit, il recourra à des copier-coller par-ci par-là, pour donner naissance à une histoire. Crédible peut-être mais qui n’a rien de personnel, d’authentique. Faut-il craindre la révolution de l’IA ? D’un côté oui parce qu’il y aura toujours des gens qui s’en serviront et se les approprieront. C’est déjà le cas qu’Amazon a exigé désormais la mention sur les livres créés par l’IA. D’un autre côté, nous pouvons dire que toutes les créations faites par intelligences artificielles laissent encore à désirer mais ils continuent à se développer. A chacun de continuer à travailler ses compétences, de continuer à s’améliorer s’il ne veut pas se faire remplacer. Pour finir, je me range du même côté que le « technopoète » Alain Damasio qui recommande de n’avoir ni une vison technophobe, ni technophile mais plutôt technocritique ? Abordons cette révolution avec un esprit à la fois ouvert et critique, car le révolution de l’IA ne reculera pas.

Amazon KDP impose la mention d’une création par IA : qu’est-ce que cela signifie pour les auteurs

Dans une annonce faite sur le forum communautaire KDP, Kindle Direct Publishing a révisé ses directives et ajoute désormais une mention pour les contenus générés par l’IA. Amazon KDP, la plateforme d’auto-édition d’Amazon, a annoncé une nouvelle exigence. Pour les auteurs qui publient du contenu généré par l’intelligence artificielle (IA) sur leur plateforme, ils devront indiquer si leur livre a été créé par une IA. Voici le contenu du message : « Nous suivons activement l’évolution rapide de l’IA générative et ses incidences sur le monde de la lecture, de l’écriture et de l’édition, et nous restons déterminés à offrir à nos auteurs et à nos clients la meilleure expérience possible en matière d’achat, de lecture et d’édition. Ainsi, à partir de demain, lorsque vous publierez un nouvel ouvrage ou que vous modifierez et republierez un ouvrage existant via KDP, il vous sera demandé si votre contenu a été généré à l’aide de l’IA. Découvrez comment nous définissons les contenus générés par l’IA. Les éditeurs qui font appel ou non à des technologies associées à l’intelligence artificielle doivent respecter nos règles relatives au contenu KDP et notamment nous signaler tout contenu généré par l’intelligence artificielle. Nous continuerons à placer les intérêts de nos auteurs, de nos éditeurs et de nos lecteurs au cœur de nos réflexions et de nos décisions. » Lire aussi : Amazon KDP en 5 questions Pourquoi cette exigence a-t-elle été mise en place sur KDP ? Amazon KDP a pris cette décision pour garantir que les lecteurs soient informés de la source du contenu qu’ils achètent. En indiquant si un livre a été créé par une IA, les lecteurs pourront mieux comprendre comment ce contenu a été généré. Cette exigence permet également de garantir la transparence et la confiance des lecteurs. Que signifie cette exigence pour les auteurs auto-édités? Pour les auteurs auto-publiés qui utilisent l’IA pour créer du contenu, cette nouvelle exigence signifie qu’ils doivent être transparents quant à l’utilisation de l’IA dans leur processus de création. Ils doivent indiquer clairement si leur livre a été créé par une IA et comment l’IA a été utilisée dans le processus de création. Cela permet aux lecteurs de mieux comprendre la source du contenu qu’ils achètent. Les avantages et les inconvénients de l’utilisation de l’IA pour les auteurs auto-édités L’utilisation de l’IA peut offrir des avantages pour les auteurs auto-édités, notamment en leur permettant de créer du contenu plus rapidement et plus efficacement. Cependant, l’utilisation de l’IA peut également présenter des inconvénients, tels que le manque d’originalité ou de créativité dans le contenu créé. Les exceptions à cette exigence Cette nouvelle exigence ne s’applique qu’aux livres créés entièrement par une intelligence artificielle. Les auteurs qui utilisent l’IA pour des tâches spécifiques, telles que la correction grammaticale ou la suggestion de mots-clés, ne sont pas concernés par cette exigence. Conclusion En résumé, la nouvelle exigence d’Amazon KDP pour la mention d’une création par l’IA a suscité des questions. Cependant, cela peut également offrir des avantages en termes de transparence et de démarcation. Les auteurs auto-édités qui utilisent l’IA pour créer du contenu doivent être transparents quant à leur utilisation de l’IA, afin de garantir la confiance des lecteurs dans leur travail.