Vérifier si votre livre a déjà servi à entrainer l’IA

Mars 2025, Alex Reisner, journaliste chez The Atlantic publie un article sur la croissance des livres piratés par l’IA. Dans sa chronique, il affirme qu’il s’agit des millions des titres et Méta est désigné comme premier responsable. Quelques mois après, une autre alerte, sur Amazon KDP cette fois où les auteurs remarquent les pastiches générés par l’IA de leurs ouvrages. Et puis, tout récemment encore, le procès Batz v. Anthropic qui risque de déboucher sur une nouvelle règlementation. Plusieurs millions de livres ont été utilisés (plus de 7 pour le cas Anthropic) et les vôtres en font peut-être partie. Le média The Atlantic a développé un outil basée sur LibGen la base de données dont s’est servi Meta pour entrainer l’IA. Cet outil vous permettra d’en avoir le cœur net en vérifiant par vous-même si c’est déjà le cas ! La base de données peut cependant contenir des erreurs ou des imprévisions étant donné la difficulté de savoir en exhaustivité les titrés utilisés par Meta. Lire aussi : l’IA écrira-t-elle des bestsellers demain ?

L’IA écrira-t-elle des bestsellers demain ?

L’IA écrira-t-elle des bestsellers demain ?

“L’intelligence artificielle produira probablement des bestsellers d’ici 2030”, a déclaré Philipe Stone, analyste chez Nielsen BookIQ.  C’était lors de son intervention à une conférence sur le marketing et la publicité organisée par The Bookseller. Cette prédiction qui enthousiasme certains laisse plus d’un sceptique quant à l’avenir du livre. 7 alternatives à Amazon KDP L’IA produit déjà du contenu commercial L’IA pourrait écrire très bientôt des livres de coloriage ou des guides pratiques, souligne Stone lors de son intervention.  Les algorithmes génératifs semblent bien s’en sortir avec ces genres où la créativité pure est moins dominante. Certaines IA produisent déjà, par exemple, des livres de cuisine, des recueils de citations ou des quiz.  Courts et faciles à générer, ces formats trouvent leur place sur les plateformes de vente comme Amazon Kindle ou Audible. Mais la fiction reste un défi pour les machines Pour Stone, la fiction littéraire reste pour l’instant difficile à automatiser.  Les intrigues complexes, les émotions humaines et la subtilité du style sont encore hors de portée des machines. Cela dit, la tendance à la brièveté pourrait changer la donne. Le format « novella » (roman court) connaît une renaissance, en partie grâce aux habitudes de lecture accélérées sur mobile.  Ce format hybride entre nouvelle et roman long convient mieux aux capacités actuelles des IA. Lire aussi : droit d’auteur et IA Quels genres domineront le marché d’ici 2030 ? Philippe Stone évoque plusieurs tendances littéraires qui devraient se confirmer : En fiction : le young adult, la fantasy et la romance resteront très populaires. Ce sont aussi les genres les plus recommandés sur TikTok (#BookTok) et Instagram (#Bookstagram). Le manga, la BD et les romans graphique ont eu aussi le vent en poupe. En non-fiction : les livres interactifs comme les quiz, puzzles ou activités pratiques rencontrent un public croissant, notamment chez les familles ou dans un cadre éducatif. Les formats hybrides : audiolivres, livres animés, expériences immersives, etc., séduisent un lectorat en quête de nouveauté. Le marché du livre en constante évolution Entre 2024 et 2025, les ventes de livres papier ont légèrement chuté, passant de 245 à 239 millions d’exemplaires.  L’ebook aussi est en baisse depuis 2022. En revanche, le livre audio explose : de 9 millions de ventes il y a dix ans, on est passé à 34 millions en 2024. Cette transformation reflète une mutation des usages : mobilité, écoute passive, rapidité.  Des critères qui influencent aussi la manière dont les éditeurs pensent les livres à venir. L’IA, un allié pour le marketing du livre ? Outre la production des images, textes ou vidéos, l’intelligence artificielle joue déjà un rôle dans :  La recommandation de livres,  La gestion des campagnes publicitaires, ou encore  La traduction automatique. Les éditeurs exploitent également l’IA pour analyser les tendances : formats, mots-clés populaires, réactions sur les réseaux sociaux.  Cette approche data-driven alimente les stratégies commerciales et éditoriales. IA : écriture ou co-écriture ? Les auteurs doivent-ils s’inquiéter ? Si l’IA peut produire certains types de livres, elle ne remplace pas encore l’auteur humain.  La narration profonde, l’originalité du style, l’expérience de vie d’un écrivain : aucun algorithme ne peut les imiter parfaitement. Plutôt que de s’opposer à la machine, de nombreux auteurs expérimentent déjà des formes de coécriture avec l’IA, ou s’en servent comme assistant créatif. Au regard de toutes les avancées technologiques, il est certain que l’intelligence artificielle va transformer la chaîne du livre.  Elle écrira sans doute des bestsellers – surtout dans certains formats et genres – mais ne remplacera pas la plume humaine. Comme l’a rappelé Stone : « La technologie ne tuera pas l’art. Elle lui offrira de nouveaux outils, de nouvelles formes. »… Adhésion requise Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.Already a member? Connectez-vous ici...

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La création littéraire à l'ère de l'IA

La création littéraire à l’ère de l’IA

La création littéraire, peut-on encore y croire à l’ère où l’IA frappe fort et tente de prendre toute la place ? Depuis le lancement par Openai de Chat GPT, l’industrie de l’intelligence artificielle a explosé. Des IA génératives de textes, d’images et tout récemment des vidéos, ces outils génèrent peur et frustration. Les plus alarmistes annoncent la disparition de plusieurs métiers pendant que les plus optimistes et peut-être aussi réalistes pensent qu’il faudra vivre avec. La révolution de l’IA est là et elle n’est pas prête à s’arrêter. Il faut tâcher de trouver un moyen de se faire à la réalité et de s’en servir comme des outils dont on se sert déjà comme les logiciels d’écriture. Mais il sied de signaler qu’aucune technologie n’aura toutes les facultés humaines… Devons-vous nous en frotter les mains ? L’avenir nous donnera raison Faire le plan de son livre 1. IA et créativité Toute révolution technologique a toujours des conséquences – positives ou bien négatives – sur son temps. Notre époque n’échappera pas à son impact qui continue à faire railler plus d’un. J’ai eu l’envie de rédiger cet article dernièrement quand, scrollant calmement sur Facebook, je suis tombé sur une publicité d’une IA. L’IA en question (oups, je n’ai même pas retenu le nom) repose son marketing sur une promesse : vous aider à produire un bestseller en 1 minute. Bestseller ? Ce mot, d’origine anglaise, contient le verbe to sell (vendre) et l’adjectif best (meilleur) qu’on peut traduire littéralement par meilleur vente. N’est-ce pas un peu précipité, de parler de « bestseller » avant même l’écriture du livre en question ? Il faut dire que le créateur de la publicité à tout misé sur sa promesse, comme le prescrit les normes du copyrighting. Cela m’a surpris et désolé à la fois que j’ai eu mille et une questions dans ma tête. Ce sera quel genre de récit ? Dans quel style ? Sera-t-il authentique ? Emouvant ? Quand il faut des mois voire des années à certains auteurs pour achever un livre, et voir qu’on peut pondre bêtement 300 pages avec juste un prompt… c’est affligeant. Je me suis tout de suite interrogé sur ce raccourci que certains n’hésiteront pas à emprunter s’ils ne le font pas déjà. 2. Limites actuelles de l’IA en création littéraire Depuis la parution des IA, nombreuses personnes se sont penchées sur l’épineuse question de savoir comment détecter un texte ou une image créée par des intelligences artificielles. Pour certains, on peut remarquer la présence des majuscules au début de chacun de mots d’un titre. Ça Ressemble A Ceci (illustration insérée volontairement dans le texte). D’autres diront encore, pour les images, qu’il y a des imperfections sur certains organes : les lèvres, les oreilles, les yeux. Les voix quant à elles, sont souvent machinales, bref, ça saute aux yeux une œuvre avec une IA pour les habitués. Mais depuis la création de ces outils, on ne peut pas se mentir, ils ont évolué et tentent de répondre aux attentes des utilisateurs. Pour la création littéraire, ceux qui s’en servent recourent aux outils IA de rédaction des textes. Pour certains, tout semble préformaté, les mêmes phrases, les mêmes tournures, la même structure. D’après tout, son rôle est de proposer une réponse à votre question, sa manière de formuler semblerait être la même. Les habitués d’IA font remarquer que plus on est spécifique dans son prompt (sa requête), plus l’IA génère les meilleurs résultats.  Mais une chose est certaine, l’IA, tout comme les logiciels de correction, ne pourra pas détecter l’incohérence dans le récit, il répond c’est tout. Tout ce que nous pouvons dire actuellement est que la frontière est encore très large entre la création humaine et la création artificielle, mais plus le temps passe, plus cette frontière s’amenuise. Est-ce que c’est pour autant qu’il faudra dire que l’IA ne rattrapera pas la touche humaine ? Attendons voir… Lire aussi : devenir auteur à temps plein aujourd’hu ? 3. Craindre ou tirer parti de l’IA en création littéraire ? Puisque cette question est formulée en deux volets, je répondrai selon les deux points de vue en étayant chacune. L’être humain est un artiste ; dans chacun de ses livres il nous dévoile une partie de son être. L’écriture, c’est un don de soi à son lecteur. C’est pour ça qu’un auteur usera de l’empathie, de l’émotion, parlera de ses expériences de façon directe ou indirecte, des lieux où il a vécu, de son passé, des ses échecs, de ses difficultés. C’est l’ensemble de tout cela qui donne naissance à un récit émotionnellement et humainement engageant. L’IA par contre n’a pas d’histoire, n’a pas de passé, de maison d’enfance. Pour assembler, tel un puzzle son récit, il recourra à des copier-coller par-ci par-là, pour donner naissance à une histoire. Crédible peut-être mais qui n’a rien de personnel, d’authentique. Faut-il craindre la révolution de l’IA ? D’un côté oui parce qu’il y aura toujours des gens qui s’en serviront et se les approprieront. C’est déjà le cas qu’Amazon a exigé désormais la mention sur les livres créés par l’IA. D’un autre côté, nous pouvons dire que toutes les créations faites par intelligences artificielles laissent encore à désirer mais ils continuent à se développer. A chacun de continuer à travailler ses compétences, de continuer à s’améliorer s’il ne veut pas se faire remplacer. Pour finir, je me range du même côté que le « technopoète » Alain Damasio qui recommande de n’avoir ni une vison technophobe, ni technophile mais plutôt technocritique ? Abordons cette révolution avec un esprit à la fois ouvert et critique, car le révolution de l’IA ne reculera pas.