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Interview d’Émile Arsèle Nguetcheu auteur du recueil de poèmes Rouge est ma terre

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Nguetcheu Émile Arsele est venu au monde un 09 décembre 1976 à Bafang à l’ouest Cameroun. Très tôt sa mère l’a inoculé le venin de la lecture.

Un jour il est tombé un jour sur son exemplaire de Black Boy de l’auteur Richard Roy.

Nguetcheu Émile Arsele est venu au monde un 09 décembre 1976 à Bafang à l’ouest Cameroun. Très tôt sa mère l’a inoculé le venin de la lecture. Un jour il est tombé un jour sur son exemplaire de Black Boy de l’auteur Richard Roy. 

Nguetcheu Émile Arsèle

  1. À quoi sert la littérature aujourd’hui? Quelle place occupe-t-elle réellement dans votre vie?

Parlant de littérature, j’aime cette belle pensée de l’auteur tchadien Nockie

Djedanou qui dit, je cite : «La littérature est infinie désir d’humanité. Car chaque mot qu’accouche l’écrivain dans sa solitude exacerbée porte les graines de la paix». Aussi loin que je pense, c’est l’amour de l’être humain mon Frère qui m’a toujours poussé à écrire.

Pour moi, la littérature permet donc de me dire. De dire la société dans laquelle je vis ou celle qui m’entoure. Dénoncer… Avec les simples mots de mes poèmes.

Je perçois la littérature et principalement la poésie comme un engagement social qui me permet d’assumer mon rôle de citoyen de la cité, de citoyen du monde.

Mon amour obstiné et violent de l’être humain m’interdit donc de garder le silence devant toute forme d’injustice. Un peu comme Aimé Césaire le disait, La voix de ceux qui n’ont point de voix.

La littérature est aussi pour moi source de liberté. Elle me libère de mes peurs primaires. Elle me permet de m’assumer. De me sentir utile pour la société.

Elle me rend tout simplement LIBRE. Au point où si je n’écris pas, c’est comme si une partie de moi mourrait ; je dois quand même avouer que cette sensation d’écrire à tout prix pour me sentir libre a quand-même changé.

L’obsession d’écrire aujourd’hui n’est vraiment plus comme celle que j’avais avant mon premier recueil, « Les Vertiges de la parole ». Je me souviens, pendant l’examen de mon bac avoir perdu presque 30 minutes lors d’une épreuve pour coucher sur un brouillon une inspiration poétique qui venait de m’habiter.

C’était fou quand même. Pouvoir tout perdre sauf une pensée où une formule qui allait nourrir quelques lignes de notre littérature.

Avec le temps, j’ai compris que la littérature n’est pas seulement engagement, elle est aussi style. Elle est également beauté. Les auteurs qui ont nourri mon esprit en commençant par les auteurs de la négrorenaissance et en passant par les auteurs de la négritude jusqu’à certains auteurs contemporains me l’ont appris.

Et avec le temps, j’ai compris que la littérature n’est pas l’alignement des plus belles pensées, mais avant tout la manière avec laquelle les choses sont dites. J’aime la manière quasi mystique avec laquelle certains auteurs écrivent, évoquent, racontent… On est subjugué devant la beauté de l’écriture.

Et les deux dimensions, la dimension de l’engagement, de la dénonciation et la dimension du style de l’auteur permettent comme d’atteindre l’extase. Et le Beau acquiert tout son sens. Toute sa dimension. C’est tout cela la littérature pour moi aujourd’hui.

  1. Votre nouveau recueil est intitulé «Rouge est ma terre». Pourquoi ce titre?

Je dois avouer que le premier titre que j’ai voulu donner à ce nouveau recueil était « Sur le dos de la terre rouge ». Mais avec le recul, je l’ai trouvé long et surtout pas trop accrocheur. Voilà pourquoi, avec les conseils de mon éditeur, j’ai préféré le titre actuel « Rouge est ma terre ». C’est un titre qui a mon avis est plus poignant. Très parlant.

D’un point de vue géologique, il indique la couleur d’une terre. D’un point de vue géographique, il indique la région de l’auteur. Région de l’ouest Cameroun où je suis originaire. Et d’un point de vue culturel, il renvoie à ma racine profonde et partant à la racine de chaque Homme sur cette terre.

Avec ce livre, je nous invite à aller chercher le moi profond, à rechercher ses origines. À s’attacher à ses ancêtres… dont un lien quasi mystique nous lie depuis des siècles et des siècles.

Écrire devient spiritualité. Mais Écrire c’est toujours et avant tout liberté. Et c’est en cela que mon combat de liberté et d’originalité acquiert toute sa plénitude.

 

  1. À qui s’adresse votre livre?

Le livre s’adresse particulièrement à chaque jeune africain. Nous avons trop tendance à nous négliger. À négliger ce que nous avons de plus cher. Ce que nous avons de sacré. Mais c’est aussi un livre universel qui parle à chaque homme, car nous avons tous des jardins communs : l’identité, la spiritualité…

 

  1. De quoi parle le livre?

L’œuvre parle avant tout comme je le disais de retour aux sources. D’attachement à ses racines avec en toile de fond les liens profonds que nous avons avec nos ancêtres qui nous ont précédés.

Bien entendu je parle aussi des thématiques de notre quotidien : les valeurs perdues, la peur, la vie chère, la liberté emprisonnée, les détournements, la mauvaise gestion des choses de la cité…

Le recueil est segmenté en quatre parties. Chaque partie a une thématique centrale qui, je l’espère, touchera la sensibilité particulière de chacun de mes lecteurs. Mais plus que tout, ce livre vous appartient…

Toutefois, comme on le disait si souvent, très souvent, une œuvre peut avoir une dimension qui dépasse la pensée première de l’auteur.

 

  1. Qu’est-ce qui vous a poussé à l’écriture du recueil « Rouge est ma terre? »

En 2011, je publie chez Edilivre Aparis la première version du recueil « Le Vertige de la parole » en 2012, chez le même éditeur paraît « Le moi qui parle » et puis en 2016, c’est le recueil « Les Racines de la résistance » dont sa première version a été publiée aux

Editions AfricAvenir.  

Après ces trois recueils et autres œuvres collectives, j’ai voulu relever un challenge : Comment sortir du cadre de l’engagement et se laisser emporter par une autre thématique ?

Étant comme appelé pour parler de la thématique du retour aux sources. De notre identité d’Africain. De notre spiritualité d’Africain…  

Je me suis senti principalement appelé et c’est donc tout naturellement que j’ai répondu favorablement à l’invitation du dialogue avec notre moi profond.

J’ai fini par me laisser guidé par ma plume et décidé de travailler sur le thème central de notre identité. Notre spiritualité.

  1. Combien de temps vous a pris l’écriture de ce livre?

L’écriture du livre « Rouge est ma terre » m’a pris plus de six ans.

En 2016, j’avais déjà écrit une bonne partie de ce recueil. Mais je ne le sentais pas complètement abouti.

Lorsque mon éditeur, MAB Éditions a qui je dis infiniment merci pour la confiance placée en moi a validé la publication de ce livre.

J’ai travaillé à le rafraîchir pour être plus proche des soucis et de l’âme de mon peuple.

  1. Y aura-t-il une suite?

Je ne pense pas que je vais continuer à écrire de la poésie. Je suis plus tenté par la nouvelle.

J’ai un manuscrit dans les tiroirs. Il faut trouver le temps de le revisiter. De le retravailler. De mieux le construire.

Aussi, je dois l’avouer, mon esprit a quelque peu changé. Je suis très tenté d’écrire sur le développement personnel. Mais il faudra que ça soit dans une forme très abouti comme les œuvres de Paolo Coelho.

  1. Qui est l’auteur Émile Arsèle Nguetcheu?

Je suis Nguetcheu Émile Arsele. Je suis venu au monde un 09 décembre 1976 à Bafang à l’ouest Cameroun. Très tôt ma mère m’a inoculé le venin de la lecture. Je crois être tombé un jour sur son exemplaire de Black Boy de l’auteur Richard Roy.

L’écriture et la trame de l’histoire m’ont tellement saisi que naturellement j’ai commencé à aimer la lecture. J’ai donc commencé à lire aussi les bandes dessinées de mon âge “Kouakou et Kalao”, etc.

Mais il faut aussi le reconnaître, à l’école primaire, j’étais très faible en dictée ce qui m’a poussé à travailler sur la grammaire et le vocabulaire et donc à enrichir mes mots.

Et puis en classe de seconde au Collège Saint Paul de Bafang, je suis tombé sur Germinal d’Émile Zola et surtout sur l’anthologie de la littérature négroAfricaine de Lylian Kesthelot.

J’ai été comme né de nouveau. Et j’ai commencé à écrire depuis les années 1994. Au début, c’était une pâle copie de ce que j’avais beaucoup ingurgité dans l’anthologie de Kesthelot.

Je dis encore infiniment merci à cette dame pour cette œuvre immense qui a permis au jeune africain que j’étais de comprendre que nous sommes uniques et originales.

Jusqu’à notre littérature qui est originale de par notre histoire. De par notre manière propre de narrer.

Avec le temps et surtout les critiques, j’ai compris que si je devais vraiment écrire, je devais travailler la particularité de mon écriture. Par la suite je suis partie pour la première fois au Gabon afin de poursuivre les études.

Nous sommes dans les années scolaires 1997-1998. C’est là-bas que je découvre la Fondation Raponda Walker et trois merveilleuses personnes : Janis Ostiémi qui est de ma génération d’âge. Jean Divassa Nyama et le Père Hubert.

Je venais régulièrement lire et apprendre des deux premiers.

Et c’est comme ça qu’en classe de première G3 au Lycée Djoue Dabany, je participe à un concours littéraire de nouvelles et que j’obtiens le 4e Prix de la Nouvelle scolaire du Gabon de l’an 2000.

Ce jour-là, reste pour moi le jour où je suis né littéralement parlant. À juste titre, j’appelle le Gabon, ce beau pays que j’ai appris à connaître, à aimer… mon pays

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