Scandale des fausses recommandations de livres générées par l’IA

Scandale des fausses recommandations de livres générées par l’IA

En prélude de la période estivale, il est de coutume que des entreprises de presse généralistes ou culturelles partagent leurs recommandations de lectures. Dans cet esprit, certains grands journaux américains ont publié leurs recommandations mais à la surprise du public, la plupart des titres sont fictifs. Inventés par l’intelligence artificielle qui a servi apparemment à la rédaction de l’article. Une erreur pareille est-elle acceptable venant d’une entreprise avec plusieurs employés ?  N’y a-t-il pas eu vérification rigoureuse par la rédaction comme il se doit avant la publication de l’article ? En ces temps, où nous avançons indubitablement vers une artificialisation de tout, comment distinguer le vrai du faux ? Au cœur de ce fiasco médiatique, je m’interroge sur la place de l’IA dans la création de contenus culturels. Lire aussi : IA et droit d’auteur Une liste de lecture estivale truffée de livres fictifs Tout commence lorsque le Chicago Sun-Times et une édition du Philadelphia Inquirer publient, le 18 mai 2025, une liste de livres à lire pour l’été.  Parmi les auteurs cités : Isabel Allende, Percival Everett, Delia Owens, Taylor Jenkins Reid, Brit Bennett…  Mais très vite, lecteurs et auteurs s’aperçoivent que la plupart des titres n’existent tout simplement pas ! Par exemple, Isabel Allende n’a jamais écrit Tidewater Dreams, présenté comme son « premier roman fiction sur le climat », et Percival Everett n’a jamais publié The Rainmakers. Seulement 5 des 15 titres de la liste étaient authentiques, les autres étant des inventions pures de l’IA. Comment une telle erreur a pu se produire ? Photo par ©404media.co La liste, dépourvue de signature, provenait d’un contenu syndiqué fourni par King Features, une filiale du groupe Hearst Newspapers.  Selon Victor Lim, directeur marketing de Chicago Public Media (maison-mère du Sun-Times), la rédaction n’a pas validé ce contenu, qui a été intégré à un supplément spécial intitulé « Heat Index: Your Guide to the Best of Summer » (source : NPR). Le journaliste indépendant Marco Buscaglia a reconnu être à l’origine de la liste, précisant qu’elle avait été « en partie générée par intelligence artificielle », probablement via Claude.  Il a publiquement assumé la responsabilité de cette erreur, expliquant : « C’est une énorme erreur de ma part et cela n’a rien à voir avec le Sun-Times. Ils font confiance au contenu qu’ils achètent, et j’ai trahi cette confiance. Je suis responsable à 100%. » Réactions : colère des lecteurs et inquiétude des professionnels La révélation de la supercherie a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans les milieux littéraires. Sur Reddit, un abonné s’exclame : « En tant qu’abonné, je suis furieux ! À quoi bon payer pour un journal papier si c’est pour y trouver des saletés générées par l’IA ? » Sur Bluesky, Kelly Jensen, autrice et ancienne bibliothécaire, déplore : « Voilà l’avenir des recommandations de livres quand on démantèle les bibliothèques et qu’on supprime les professionnels qualifiés. » Les journaux concernés ont publié des communiqués pour condamner l’usage de l’IA et promettre des enquêtes internes. Lire aussi : créativité et IA Une crise révélatrice des dérives de l’IA générative Cette affaire illustre plusieurs problèmes majeurs : L’IA générative est incapable de distinguer le vrai du faux et peut inventer des faits ou des titres avec un ton d’expert. La précarité des rédactions : le Sun-Times venait d’annoncer que 20% de son personnel avait accepté des départs volontaires pour raisons budgétaires. La dévalorisation du travail humain : alors que les bibliothécaires et critiques littéraires qualifiés sont de moins en moins nombreux, l’IA prend leur place… sans garantir la fiabilité de l’information.   Gabino Iglesias, auteur et chroniqueur pour NPR Books, souligne : « Combien de critiques littéraires à plein temps reste-t-il aux États-Unis ? Très peu. » Il ajoute en souriant : « Payez les auteurs et nous écriront ces faux livres qui n’existent pas ! » Pour aller plus loin Article original de NPR sur l’affaire  Analyse de 404 Media   L’importance de l’expertise humaine Ce scandale rappelle à quel point le regard humain est essentiel malgré l’IA. L’expertise des bibliothécaires et des journalistes spécialisés sont essentiels pour garantir la qualité et la véracité des recommandations culturelles. Pour des listes de lecture fiables, faites confiance aux professionnels… et méfiez-vous des hallucinations de l’IA !… Adhésion requise Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.Already a member? Connectez-vous ici...

Adhésion requise

Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.

Already a member? Connectez-vous ici
Détails
Le cycle de production d'un texte

Le cycle de production d’un texte : de l’ébauche au texte final

Le cycle de production d’un texte débute par l’action d’écrire, pour ne pas dire l’intention. Puis, une fois son premier jet à terme, de le poser pour le reprendre peu de temps après.  Cela afin d’avoir un recul pour bien le réécrire, l’épurer jusqu’à en épuiser les coquilles, jusqu’à sa forme finie.  Selon moi, la production d’un texte se déroule dans un cycle fermé qui part de l’ébauche au texte fini.  Mais quel est ce cycle et quelles en sont les étapes essentielles ? C’est le but de cet billet de blog, dans lequel vous vous retrouverez, j’ose croire. Lire aussi : IA écriture ou réécriture 1. L’écriture : poser la première pierre L’acte d’écriture est le point de départ de tout texte quelle qu’en soit la nature. Que ce soit un article scientifique, un roman ou un simple billet de blog. Il s’agit d’abord de poser ses idées, l’une après l’autre, sans se soucier de la perfection.  Cette première version est souvent brute, imparfaite, mais essentielle car c’est elle qui ouvre la porte aux prochaines étapes. Ernest Hemingway ne disait-il pas à ce propos que “le premier jet de quoi que ce soit est merdique” ?  Ghaan Ima le dit encore mieux en avançant qu’un premier jet est un diamant brut et les corrections et les réécritures sont le travail méticuleux de polissage et de taille pour obtenir une gemme étincelante. Tout brouillon est perfectible ; c’est pour ça qu’il est appelé ainsi, mais il faut qu’il existe pour que les autres étapes le soient aussi.  Comment bien débuter l’écriture ? Fixez un objectif clair : Quel est le message principal ? Évitez la procrastination : Écrivez sans chercher à être parfait dès le début. Laissez couler les idées : L’important est de remplir la page. 2. Poser son texte : prendre du recul Après une première rédaction, il est crucial de s’arrêter et de laisser son texte « reposer ».  Ce moment de pause permet de prendre du recul et de revenir avec un regard plus objectif. Si vous sautez cette étape, vous vous trouverez en train de lire ce que vous pensez avoir écrit que ce qui est réellement écrit. Lire aussi : 9 pratiques pour débuter dans l’écriture Pourquoi est-il essentiel de faire une pause ? Améliorer la clarté : Un texte laissé de côté devient plus facile à juger. Détecter les incohérences : Les idées mal organisées ressortent mieux après un temps de repos. Faciliter la réécriture : On se détache émotionnellement du texte. 3. La relecture : traquer les erreurs et incohérences La relecture est une étape clé du processus d’écriture. Elle permet d’identifier les fautes, les maladresses et les redondances. Et il y en a beaucoup, parfois certaines d’entre elles nous surprennent quand on les décèle.  Pour ceux qui en ont les moyens, cette tâche est confiée à des professionnels pour un meilleur rendu. Lire aussi : 3 étapes d’un projet d’écriture Méthodes efficaces pour une relecture optimale Lire à voix haute : Permet de détecter les tournures maladroites. Modifier la mise en forme : Changer la police ou l’espacement pour un regard neuf. Utiliser un outil de correction : Grammarly, Antidote ou Le Robert Correcteur peuvent aider. Ecouter aussi notre podcast avec Murel Gilbert sur le sujet 4. La réécriture : perfectionner son texte La réécriture est souvent l’étape la plus longue et la plus difficile. Il ne s’agit pas seulement de corriger des erreurs, mais aussi d’affiner le style, d’améliorer la fluidité et de renforcer l’impact du message. C’est à cette étape, que certains auteurs disent avoir repris complètement des chapitres après les avoir supprimés. Les étapes de la réécriture Supprimer les répétitions et longueurs inutiles. Rendre les phrases plus dynamiques et précises. Vérifier la cohérence des idées. Simplifier les phrases complexes. 5. L’épuration : la quête de la clarté Un texte clair et concis est plus agréable à lire. L’épuration vise à retirer tout ce qui alourdit la lecture. C’est à cette étape qu’on retire les coquilles qui ont pu passer à travers les mailles du filet. Techniques pour épurer un texte Supprimer les mots superflus. Éviter les tournures passives et privilégier la voix active. Raccourcir les phrases trop longues. 6. L’épuisement de l’auteur : savoir quand s’arrêter Un texte peut toujours être amélioré, mais il faut savoir poser la plume à un moment donné. L’épuisement de l’auteur est un signe qu’il est temps de publier. Quand considérer un texte comme fini ? Lorsque la relecture ne révèle plus d’erreurs majeures. Quand le texte est fluide et compréhensible. Si les retours extérieurs sont positifs et constructifs. Conclusion : L’écriture, un cycle perpétuel Le cycle de vie d’un texte ne s’arrête jamais vraiment.  Chaque texte écrit est une occasion d’apprendre et de progresser.  Ayez en tête ces étapes – écriture, pause, relecture, réécriture, épuration – pour améliorer vos écrits au fur et à mesure.  Ne sautez aucune d’elles, car cela constituerait des handicaps pour le texte final souhaité.

Détails
La Maison des Merveilles : un voyage initiatique au cœur de l'Afrique avec Godefroy MWANABWATO

La Maison des Merveilles de Godefroy MWANABWATO : un voyage initiatique au cœur de l’Afrique

Dans “La Maison de Merveilles”, Godefroy MWANABWATO nous plonge dans le périple d’Omari, un homme d’affaires septuagénaire, et de son fils. Entre Zanzibar et le Congo, ils explorent un lieu empreint de mémoire. Face aux vestiges de l’histoire coloniale de l’Afrique centrale, des souvenirs d’une intensité émotionnelle rare se déclenchent dans sa tête. Publié par Les Lettres Mouchetées, La Maison des Merveilles sortira le 14 mars. Lire aussi : L’Invité au Goncourt Mais de quelles maisons parle-t-on ? Quelles merveilles nous attendent ? Godefroy MWANABWATO nous entraîne dans un récit où les frontières entre le réel et l’imaginaire s’estompent. « La Maison des Merveilles » est bien plus qu’un lieu physique. C’est un carrefour de mémoires, un espace où les échos du passé résonnent avec le présent. L’histoire nous emmène sur les traces d’Omari. Septuagénaire tanzanien, accompagné de son fils Abdallah, visitent un lieu chargé d’histoire. Zanzibar, avec son passé marqué par le commerce d’esclaves, et le Congo post-colonial, se révèlent comme des témoins de destins croisés. Omari, un Alice des temps modernes ? À l’image d’Alice dans son pays de merveilles, Omari s’aventure dans un monde où les repères sont bouleversés. Mais à la différence d’Alice, il est un homme qui porte le poids de l’histoire et qui cherche à comprendre son héritage. Pour découvrir les secrets de « La Maison des Merveilles », il faudra se plonger dans le roman et se laisser emporter par la plume de Godefroy MWANABWATO. La Maison des Merveilles : Un lieu chargé d’histoire Saviez-vous que « La Maison des Merveilles » existe réellement à Zanzibar ? Ce palais, témoin de l’histoire de l’île, est un lieu de mémoire où se croisent les influences arabes, africaines et européennes. Godefroy MWANABWATO s’inspire de ce lieu emblématique pour tisser une histoire où la fiction rejoint la réalité. Lire aussi : droit d’auteur et IA Godefroy MWANABWATO : qui est-il ? Avocat de profession, Godefroy MWANABWATO est un écrivain passionné qui explore les thèmes de l’identité, de la mémoire et de l’histoire. Après « Ainsi sont faites les lianes », il nous offre avec « La Maison des Merveilles » une œuvre ambitieuse qui invite à la réflexion et à l’évasion. Pour rencontrer Godefroy MWANABWATO et découvrir « La Maison des Merveilles », rendez-vous au Salon du Livre Africain de Paris, du 14 au 16 mars. Suivre Godefroy

Détails
IA Ecriture ou co-écriture

IA : Ecriture ou co-écriture ?

Pouvons-nous parler d’écriture ou de co-écriture face à un poème, un scénario ou même un script produit par intelligence artificielle ? La montée fulgurante des IA génératives a bouleversé toutes les sphères du secteur créatif et artistique.  Les métiers de comédien, de vidéaste, d’écrivain, de musicien, de graphiste et j’en passe, se trouvent menacés. Certaines maisons d’éditions comme Harper Collins se lancent sur l’entrainement d’IA génératives.  Alors que cela choque plus d’un, des chaines de télévisions, des podcasts et même des films entiers propulsés par IA voient le jour. Mais dans cet amalgame de révolutions, en tant qu’écrivain, une question m’a effleuré l’esprit : face aux textes produits par IA, faut-il parler d’écriture ou de coécriture ?  Mais avant, et si on s’intéressait à l’écriture en elle-même ? A l’influence de l’IA sur celle-ci ? Et répondre enfin à notre question de départ ? 1. L’acte d’écrire Qu’est-ce qu’écrire ? Est-ce la simple action de poser des mots sur une feuille ou un écran ? Dans un sens, oui.  Mais l’écriture dont nous parlons ici va au-delà de cet acte.  Il inclue l’aspect intelligible de la créativité dans toute sa complexité ; la démarche artistique, la recherche du beau… De escrire (v. 1050), du latin scibere, signifie premièrement « tracer des caractères » ou encore « composer une œuvre » (Dictionnaire historique de la langue française – Rey, Alain). La seconde définition se rapproche de la réalité autour de laquelle nous débâtons dans cet article.  Réaliser une œuvre de fiction ou non, requiert plusieurs ingrédients ; le temps, la planification, la passion, la patiente, la cohérence, la constance…  Et pour avoir une œuvre présentable, pour ne pas dire parfaite, l’auteur peut produire plusieurs jets de son manuscrit. D’ailleurs, Ernest Hemingway dira, qu’aucun premier jet, de quoi que ce soit, n’est parfait. Pour moi, écrire c’est d’abord un acte de générosité et de courage. Courage d’embrasser la page blanche. Courage d’écrire, de récrire, de biffer, d’effacer, de reprendre son texte jusqu’au jet final.  2. La co-éciture La co-écriture ou encore écriture collaborative est la participation de deux ou plusieurs auteurs sur la création d’une œuvre. C’est une expérience difficile et à la fois passionnante qui requiert une écoute attentive entre les parties prenantes.  Petit à petit, au fil des discussions, des concessions et parfois des contradictions, l’œuvre se construit.  Les deux plumes qui se rencontrent, se confondent et se fécondent dans une complicité hors pair, pour produire un texte homogène et univoque. Mais cela requiert une discipline préétablie, car toute écriture collaborative se réalise, soit de façon : Parallèle (chaque auteur a une tâche spécifique) Coordonnée séquentielle (travail à tour de rôle, étape par étape) ou encore Simultanée (réciproque). La troisième manière me plait le plus, c’est celle dont je me suis servi sur L’Invité au Goncourt mon roman avec Laurence Kiehl paru en septembre 2024.  Mais pour Plume terrorisée, avec Philigence FAYE, nous avons plutôt procédé à une écriture en parallèle.  C’est un peu normal puisqu’il s’agissait d’un recueil de poèmes contrairement à L’Invité au Goncourt.  Si je peux me permettre un conseil, lancez-vous. Tentez l’expérience. Avec internet, la distance n’est plus une contrainte.  Pour la petite histoire d’ailleurs, des milliers de kilomètres me séparaient de mes co-auteurs au moment de l’écriture. L’un à Dakar, l’autre en France, alors que moi j’étais au Congo. Cela n’a nui aucunement à notre collaboration. 3. L’IA et le monde du livre Le monde du livre, tout comme les autres secteurs, n’a pas été épargné dans cette révolution de l’IA.  Pleins de livres ont été produits, publiés et vendus sur des librairies en ligne.  Les entrepreneurs du web ont vite crié à l’opportunités du siècle et ont inondé la toile.  Il y a eu tellement de livres du genre que les plateformes ont été obligé d’ajouter la mention « créé par intelligence artificielle ». Cela afin de ne pas pouvoir mettre dans un même moule tous les nouveaux livres publiés après le boom de l’IA.  Avec le temps, plusieurs IA spécialisés cette fois dans l’écriture de livres uniquement ont été lancés.  Je tais leurs noms dans cet article, mais toutes ces IA promettaient une chose : l’écriture d’un livre en tier en un rien de temps. Cela va bouleverser le monde du livre, mais comme si cela ne suffisait pas, certaines maisons d’éditions vont commencer à s’intéresser à l’IA. Harper Collins va proposer à ses auteurs 5000 dollars aux auteurs pour qu’ils offrent leurs livres afin d’entrainer des IA.  Ces IA, sont les leurs ? Celles des autres entreprises ? Ils sont très mystérieux sur le sujet. Mais la plupart des auteurs vont refuser cela, jugeant l’offre très insultante comme le dit cet article d’ActuaLitté. Quoi qu’il en soit, je m’imagine que peut-être certains essais ont déjà été menés sur des livres des auteurs à leur insu. En chine par exemple, une œuvre générée par IA (mais réécrite par l’auteur selon ses dires) a remporté un prix littéraire.  Et aujourd’hui, il existe des maisons d’éditions qui publient exclusivement des livres 100% IA. A cette allure, où dans un monde du livre où l’auteur se sentait déjà lésé, qu’en sera-t-il à l’ère de l’IA ? 4. Ecriture ou co-écriture ? C’est une question un peu difficile à répondre de façon catégorique. Mais pour arriver à ma réponse, j’aimerais y aller avec d’autres questions.  Pour un livre produit par ou avec l’IA (tout dépend de celui qui parle), peut-on dire que la personne aux manettes est un écrivain ? Ou c’est l’IA ? Entre l’IA et son collaborateur, lequel mérite la casquette d’auteur ? L’écriture assistée par IA, a-t-elle une « âme créative » ? L’écriture assistée par IA, est-elle vraiment une ? Ou juste un plagiat, une réécriture ou une paraphrase ? (Tiens ce sera ça mon prochain article) Peut-on encore envisager la figure de l’écrivain si à l’avenir l’IA devenait un partenaire incontournable dans le processus créatif ? Mais revenons à notre question de départ : s’agit-il d’une écriture ou une co-écriture ? Je pense que oui ! Car l’œuvre qui jaillit de cette collaboration est le fruit d’une sorte de partenariat entre l’humain et la machine.  L’homme donne les directives (le prompt), tandis que l’IA exécute. ……...

Adhésion requise

Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.

Already a member? Connectez-vous ici
Détails
Le droit d'auteur et l'IA dans l'industrie du livre

Le droit d’auteur et l’IA dans l’industrie du livre

L’industrie de l’intelligence artificielle est en évolution fulgurante.  Selon Statista, le marché de l’IA a dépassé les 184 milliards de dollars en 2024 et pourrait atteindre plus de 826 milliards d’ici 2030.  Si cette avancée technologique offre des opportunités énormes, elle soulève également des questions complexes, notamment dans le domaine des droits d’auteur.  Cet article explore les enjeux liés à l’utilisation de l’IA dans l’industrie du livre, en examinant les avantages, les inconvénients, les mesures juridiques existantes et les perspectives d’avenir. Lire aussi : Amazon KDP et IA L’émergence de l’IA dans l’industrie du livre L’intelligence artificielle, en particulier les modèles génératifs comme ceux d’OpenAI ou MidJourney, a radicalement transformé la façon dont les créations artistiques et littéraires sont produites.  En 2023, une enquête mondiale de PwC en 2024 indique que 64 % des dirigeants d’entreprise s’attendent à ce que l’IA générative augmente l’efficacité du temps de travail de leurs employés. Comment l’IA est-elle utilisée dans la création de livres ? Génération de contenu textuel : Les outils comme ChatGPT ou Jasper AI permettent de produire des ébauches de romans, de poèmes ou d’articles en quelques minutes. Aide à la traduction et à la localisation : DeepL et d’autres outils IA rendent les œuvres accessibles à un public mondial. Conception de couvertures : Les outils comme DALL-E peuvent créer des visuels adaptés aux thèmes des ouvrages. Analyse de tendances : Les algorithmes d’IA aident à prévoir les tendances éditoriales et à optimiser le marketing des livres. Ces innovations apportent de nombreux avantages à l’industrie, mais elles ne sont pas sans poser des défis juridiques et éthiques. Avantages et inconvénients de l’IA dans l’industrie du livre Avantages Accessibilité accrue : L’IA permet aux auteurs et éditeurs de produire et de traduire des contenus rapidement, réduisant ainsi les coûts. Gain de temps : Les outils génératifs réduisent le temps de création, ce qui est idéal pour les auteurs pressés ou les projets à deadlines strictes. Expérimentation créative : Les IA peuvent proposer des idées nouvelles ou explorer des styles littéraires inhabituels. Inconvénients Perte d’authenticité : Les œuvres produites par l’IA peuvent manquer de profondeur ou d’âme, un élément souvent associé à la créativité humaine. Problèmes de droits d’auteur : Qui détient les droits sur une création générée par une IA ? Le programmeur, l’utilisateur ou personne ? Plagiat involontaire : Les IA peuvent reproduire des extraits d’œuvres existantes sans les citer explicitement, soulevant des questions éthiques et juridiques. Lire aussi : L’industrie littéraire à l’ère de l’IA Les mesures juridiques autour des droits d’auteur et de l’IA Le droit d’auteur repose historiquement sur le concept d’œuvre originale créée par une personne physique.  Avec l’IA, cette définition est mise à l’épreuve. L’état actuel des lois En Europe, la Directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique (2019) ne traite pas explicitement des créations générées par l’IA, laissant un vide juridique. Aux États-Unis, les créations issues de l’IA ne sont pas éligibles au copyright, selon une décision de l’US Copyright Office en 2023. Au Japon, les œuvres produites par l’IA sont partiellement protégées si elles incluent une contribution significative de l’humain. Exemples concrets En 2022, un roman coécrit par une IA et un auteur japonais a été finaliste d’un prix littéraire. Les juges ont dû débattre pour savoir si le prix pouvait être attribué à une entité non humaine. En France, un éditeur a été poursuivi pour avoir publié un recueil de poésies générées par IA. Il aurait omis de créditer les sources d’inspiration textuelle. En 2023, un artiste a intenté une action en justice après que les États-Unis ont refusé le droit d’auteur pour une image générée par l’IA. Prévisions et perspectives d’avenir L’utilisation de l’IA dans l’industrie du livre continuera de croître, mais elle n’échappera pas à des régulations plus strictes. Voici quelques prévisions : Réglementations claires : Les gouvernements et organisations internationales devront établir des lois spécifiques pour les œuvres générées par l’IA. Certifications éthiques : Les auteurs et éditeurs pourraient devoir utiliser des IA conformes à des standards éthiques. Co-création homme-machine : L’avenir pourrait résider dans une collaboration harmonieuse, où l’humain donne le cap et l’IA exécute. Conclusion Le droit d’auteur et l’IA dans l’industrie du livre soulèvent des défis fascinants et complexes.  Si l’IA offre des outils puissants pour révolutionner la création littéraire, elle pose également des questions fondamentales sur la propriété intellectuelle et la créativité.  Il est crucial que les parties prenantes – auteurs, éditeurs, juristes et techniciens – travaillent ensemble pour façonner un avenir où innovation et respect des droits coexistent harmonieusement…. Adhésion requise Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.Already a member? Connectez-vous ici...

Adhésion requise

Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.

Already a member? Connectez-vous ici
Détails
L'Invité au Goncourt, première de couverture

L’Invité au Goncourt par Laurence Kiehl et Pascal Ashuza

Caractéristiques   PAPIER Éditeur(s) Lettres mouchetees Auteur(s) Laurence Kiehl, Pascal Ashuza Parution 13/09/2024 Nb. de pages 145 Format 1.3 x 2.1 EAN13 9782487254077   Commander le livre sur : Amazon Fnac Auprès de l’éditeur Résumé de L’Invité au Goncourt Au premier étage du restaurant Drouant, les jurés délibèrent… Parmi les prétendants littéraires au prix Goncourt, un jeune africain attend, les yeux clos. Son mutisme surprend. Qui est-il ? On raconte qu’il serait le fils d’un redoutable braconnier du parc des Virunga, en République démocratique du Congo. Derrière le voile de ses paupières, Huzuni replonge dans la genèse de son histoire, celle qui a mené ses pas jusqu’au cœur de la capitale française. A propos des auteurs Laurence Kiehl, enseignante de lettres, est une auteure française passionnée par les exercices de style. Elle a publié deux romans oulipiens : Littérateur (roman sans un mot féminin) et la Masculine (roman sans un mot masculin) lequel a obtenu le Prix de Science-fiction de la Journée du Manuscrit Francophone. (Octobre 2018). Pascal Ashuza, né en République démocratique du Congo, poète et romancier, a publié en 2021, Plume Terrorisée, un recueil de poèmes co-écrit avec l’écrivain sénégalais Philigence Faye. Il est le fondateur et directeur de publication du site et magazine littéraire lelivedulivre.com.

Détails
Interview Nelly Plateau : entre écriture, théâtre et cinéma

Interview Nelly Plateau : entre écriture, théâtre et cinéma

Originaire du sud de la France et aujourd’hui installée à Montréal, Nelly Plateau est une auteure au parcours atypique.  Après des études de lettres modernes, elle a exploré plusieurs horizons professionnels, dont celui d’interprète en langue des signes et d’enseignante de français en Nouvelle-Zélande.  En 2024, elle réalise un rêve de longue date avec la publication de son premier roman Les Choses évaporées.  Ce livre propose une réinterprétation du mythe de Dom Juan, mélangeant fantastique, science-fiction et dystopie. Dans cet entretien inédit, Nelly Plateau partage son expérience d’écriture, ses inspirations et son regard sur le monde littéraire contemporain. 1. Nelly Plateau, comment vos voyages ont-ils influencé votre écriture ? Mes voyages sont une source d’inspiration pour mes écrits. Cela influence mon style d’écriture, car lorsque j’utilise mes propres souvenirs pour écrire sur un lieu que je connais, toutes les sensations reviennent et ont besoin de ressortir sur le papier. Le lieu est relié à un instant, un vécu qui génère des émotions et des sentiments. Dans ces moments-là, tout est très prégnant dans ma mémoire et lorsque j’utilise ces différents endroits dans un roman tout est « déjà prêt » : le côté visuel et descriptif, les odeurs, les goûts, les ressentis, la kinesthésie, les bruits, le toucher… Souvent, mon écriture prend un tour plus poétique. Voyager permet aussi de se sortir de ses habitudes et de réactiver les sens. Voir de la nouveauté, être surpris, étonné, donne accès à un maniement des souvenirs sous une autre forme et à une exploreration de cette expérience lors de la rédaction. Nelly Plateau Auteure 2. Pourquoi revisiter le mythe de Dom Juan dans « Les Choses évaporées » ? J’ai toujours eu envie d’écrire un livre et j’avais commencé par produire des textes et des nouvelles en atelier d’écriture lorsque j’étais étudiante en Lettres à l’université. Après avoir travaillé en cours sur Dom Juan ou le festin de pierre, de Molière, j’avais eu besoin de transposer l’histoire dans notre société moderne. J’avais vingt ans et je me posais des questions sur les relations amoureuses et ce qui différenciait la séduction de l’amour. Le sujet sous-jacent était de savoir si les manigances de dragueur de Dom Juan pourraient tenir le choc face à notre époque. J’avais donc écrit une nouvelle Jean de Deaumont, qui reprenait les scènes de Dom Juan et les jouait dans des décors actualisés des années 2000.  Cette nouvelle, achevée en tant que premier jet, m’a poursuivie durant des années, au fil de ma vie. La question de l’amour et séduction est restée, mais ma vision des choses a évolué.  Il y a cinq ans, l’envie d’écrire était toujours très présente et j’ai repris ma nouvelle et réécrit le début de l’histoire. J’avais réussi à implanter un nouveau lieu et à faire émerger mes personnages (deux femmes, un ascenseur). Avoir une base de récit et des protagonistes m’a offert la possibilité de me lancer totalement dans mon idée, l’année dernière en 2023. J’ai eu un peu plus de temps libre et j’ai sauté sur l’occasion pour enfin me focaliser sur mon roman et réaliser mon rêve. Par ailleurs, les vingt-cinq ans de maturation ont permis d’ajouter de la profondeur à la réflexion et à mon projet de livre, ce que je ne regrette pas. Les Choses évaporées Nelly Plateau Auteure Les 7 rêves de l’amour 3. Avez-vous des rituels d’écriture quotidiens ? Je n’ai pas d’horaire d’écriture spécifique ni de véritables rituels. L’important pour moi est d’écrire tous les jours dès que j’ai du temps libre. Cela se fait à n’importe quel moment de la journée en dehors de mon travail. Cela peut être de la correction de mes textes déjà existants, de la rédaction d’une scène, de la réécriture ou approfondissement de certains paragraphes, ou encore de la réorganisation de chapitres, mise en place du calendrier de l’intrigue, etc. Mon habitude essentielle est d’apporter mon carnet de notes ’, et souvent mon ordinateur portable, partout avec moi. Cela me permet de consigner toutes les idées qui me viennent au cours de la journée. L’inspiration arrive spontanément et cela peut-être une phrase, un dialogue entre mes personnages qui surgit, un thème, une séquence, un lieu intéressant, les liens que je fais dans l’intrigue et que je veux faire ressortir.  Lorsque je lis le soir, je garde aussi mon carnet de notes avec moi, car des bribes de pensées, ou des passages complets à écrire me parviennent et je relève le tout pour ne pas les oublier. Le lendemain, ou le plus tôt possible, je recopie mes pages en les retravaillant directement dans mon manuscrit sur ordinateur. 4. Comment l’interprétation en langue des signes influence-t-elle votre écriture ? Dans Les Choses évaporées, il est évident pour moi que l’influence de mon métier d’interprète en langue des signes est présente. L’aspect visuel, presque cinématographique selon les moments, a tout de suite imprégné le roman. Ma manière d’aborder les scènes, de décrire l’environnement part toujours d’une mise en place d’un lieu, puis des éléments et des personnages pour ensuite suivre le point de vue d’un des protagonistes. De même, les échanges de regards et les expressions du visage et corporelles reviennent souvent dans ce livre et renseignent sur les relations et les ressentis des différentes figures entre elles. À la réécriture, j’ai dû insister, dans certains passages de fiction, sur tous les autres éléments que j’avais négligés : les odeurs, les sons, par exemple, pour que le discours soit équilibré et d’autant plus immersif. Les langues des signes ont des structures grammaticales et syntaxiques différentes des langues parlées et écrites et il n’est pas possible de calquer un récit en langue des signes directement en suivant l’ordre des signes et en le transposant avec des mots français. Néanmoins, si je dois faire un parallèle, il me semble que mon utilisation des phrases courtes, directes et factuelles s’inspire de la langue des signes. Enfin, tout comme dans mon métier j’ai cherché dans chaque énoncé à être concise et claire, et à toujours manier le vocabulaire juste qui…

Détails
Différence entre l'auteur et le narrateur dans une œuvre de fiction

Différence entre l’auteur et le narrateur en fiction

Dans le domaine de la narratologie, il est souvent tentant de confondre le narrateur avec l’auteur d’une œuvre de fiction.  Cette confusion est d’autant plus courante que, dans de nombreuses œuvres, le narrateur semble adopter le point de vue et les expériences de l’auteur.  Pourtant, ces deux entités sont distinctes. Le narrateur, qu’il soit interne, externe ou omniscient, est une construction narrative, tandis que l’auteur est la personne réelle derrière l’œuvre.  La nuance entre ces deux rôles devient encore plus subtile dans les récits autobiographiques, où l’on peut discerner un lien étroit entre l’auteur, le narrateur et le personnage principal. Différence entre auteur et narrateur Lire aussi : narration et point de vue L’auteur et le narrateur : une distinction cruciale Pour comprendre la différence entre l’auteur et le narrateur en fiction, il est essentiel de saisir les nuances qui séparent ces deux figures. Le narrateur est celui qui raconte l’histoire, tandis que l’auteur est celui qui l’écrit. Dans certains cas, le narrateur peut sembler se confondre avec l’auteur, notamment lorsque l’on a affaire à un narrateur à la première personne. Pourtant, même dans ces cas, il est important de ne pas oublier que le narrateur reste une création littéraire. Cette distinction est explorée dans les travaux de Luc Herman et Bart Vervaeck, auteurs du Handbook of Narrative Analysis. Ils introduisent trois notions importantes : l’auteur implicite (implied author), l’auteur dramatisé (dramatized author) et l’auteur non dramatisé (undramatized author). Ces concepts permettent de clarifier le rôle de l’auteur dans la narration, tout en distinguant son influence sur le récit. 1. L’auteur implicite : une présence invisible L’auteur implicite est un concept fascinant dans la narratologie. Il s’agit d’une figure qui, bien qu’elle ne soit pas directement visible dans le texte, en façonne l’orientation et les valeurs. L’auteur implicite est celui qui est responsable de la vision du monde qui émane de l’œuvre. Cette vision peut différer de celle du narrateur et des personnages, car elle reflète plus la perspective globale de l’œuvre. Gerard Genette, célèbre critique littéraire francophone, utilise un terme similaire : celui d’auteur induit. Bien que ces notions diffèrent légèrement dans leurs interprétations, elles partagent une idée commune : l’auteur implicite ou induit joue un rôle déterminant dans la construction du récit, même s’il reste en arrière-plan. Certains critiques, comme Karl Juhl, vont jusqu’à associer l’auteur implicite à l’auteur réel, surtout dans les œuvres où l’auteur semble infuser sa propre vision du monde dans l’histoire racontée. 2. L’auteur dramatisé : au cœur du récit L’auteur dramatisé, quant à lui, est une figure beaucoup plus visible dans le texte. Le terme « dramatisé » renvoie ici à une forme de théâtralisation de l’auteur. Contrairement à l’auteur implicite, l’auteur dramatisé fait partie intégrante du récit, en tant qu’acteur principal. On peut le reconnaître par l’utilisation fréquente du « je » ou du « nous », ce qui indique que l’auteur assume pleinement ses actions dans le récit. L’auteur dramatisé n’est pas seulement un observateur, mais également un protagoniste. Il s’implique dans l’histoire, agissant et interagissant avec les autres personnages. Ce rôle est plus souvent rencontré dans des œuvres autobiographiques ou des récits à la première personne, où l’auteur semble fusionner avec le narrateur. 3. L’auteur non dramatisé : un observateur extérieur À l’inverse, l’auteur non dramatisé ne participe pas activement à l’histoire. Il se contente de la raconter, souvent à la troisième personne, en adoptant une posture plus distante. Il est comparable à un narrateur qui observe les événements de l’extérieur, sans y prendre part. Dans ce cas, l’auteur non dramatisé agit davantage comme un caméraman ou un journaliste qui relate les faits sans intervenir directement dans l’action. Cette approche permet à l’auteur de rester en retrait, tout en conservant une influence sur la manière dont l’histoire est perçue par le lecteur. Il s’agit d’un style narratif souvent utilisé dans les récits omniscients, où l’auteur-narrateur se place au-dessus des personnages, contrôlant le déroulement de l’histoire sans y être directement impliqué. Les 5 sens des personnes dans la construction de l’intrigue Narrateur ou auteur ? Une frontière ténue La distinction entre le narrateur et l’auteur est parfois floue, mais elle est essentielle pour comprendre les dynamiques narratives d’une œuvre de fiction. Alors que le narrateur est la voix qui raconte l’histoire, l’auteur est la personne réelle qui l’a écrite. Pourtant, dans certaines œuvres, il peut sembler que l’auteur et le narrateur ne font qu’un. Cette confusion est particulièrement présente dans les récits autobiographiques, où l’auteur semble directement s’adresser au lecteur à travers le narrateur. Cependant, même dans ces cas, il est important de se rappeler que le narrateur reste une figure fictive, créée par l’auteur pour servir le récit. Pour éviter toute confusion, il est souvent plus judicieux d’utiliser le terme de « narrateur » pour désigner la voix qui raconte l’histoire, plutôt que celui d’ »auteur ». Ainsi, on pourrait parler de narrateur implicite, de narrateur dramatisé ou de narrateur non dramatisé, selon le rôle qu’il joue dans le récit. Conclusion : une approche nuancée de la fiction En somme, la différence entre l’auteur et le narrateur en fiction est subtile mais cruciale. L’auteur, qu’il soit implicite, dramatisé ou non dramatisé, joue un rôle clé dans la construction du récit, mais il ne doit pas être confondu avec le narrateur, qui est la voix narrative à l’intérieur de l’histoire. En prenant en compte ces distinctions, les lecteurs peuvent mieux comprendre les dynamiques narratives d’une œuvre et apprécier les choix stylistiques et narratifs de l’auteur. Cette distinction, bien que parfois complexe, permet d’enrichir notre compréhension de la fiction et des différentes façons dont un auteur peut manipuler le récit pour servir ses objectifs littéraires.

Détails
Le roman d’apprentissage et le développement personnel points communs

Le roman d’apprentissage et le développement personnel : points communs ?

Le roman d’apprentissage et le développement personnel ont multiples points communs selon moi. C ’est ce que j’ai réalisé en lisant Yves Staloni dans son Dictionnaire du roman. L’un comme l’autre, met en avant un personnage principal en quête de soi. A travers une série d’épreuves qualifiantes, celui-ci parvient à ses fins au prix de moult sacrifices. Ces deux genres ont comme ambition première de délivrer un message d’espoir. Mais de quoi parle chacun de ces genres ? Quelles sont leurs caractéristiques respectives ? Quels sont leurs points de ressemblance ou de dissemblance ? Roman graphique et roman-photo 1. Le roman d’apprentissage Souvent confondu au roman « d’aventure », « d’éducation » ou « d’initiation », ce genre voit le jour au XIXe siècle en Allemagne sous le nom de bildungsroman. Ce terme aurait été crée par le critique littéraire allemand Karl von Morgenstern pout désigner le livre Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister de J. W. von Goethe. Dans le monde de la critique littéraire anglo-saxon, ce genre est désigné par life novel, sans doute parce qu’au centre du récit, on a un héros qui découvre la vie et se forge à travers des difficultés. Lukàs propose une définition qui convient parfaitement à ce type d’œuvre, lui qui dit que tout roman est : « la voie qui mène un homme à la connaissance de lui-même. » Caractéristiques du roman d’apprentissage Le personnage principal est jeune, très souvent de sexe masculin ; Il est guidé, accompagné et formé par un mentor ; Il devra faire face à des difficultés d’ordre psychologique, physique, sociologiques… Le processus d’apprentissage, selon les cas, débouche sur un résultat positif ou négatif. 2. Le développement personnel Le développement personnel est un marché en pleine expansion. Avec une taille de marché de plus de 40 milliards en 2020, elle connaitra un accroissement de 7% les huit prochaines années selon les prévisions du site Data Brige Market Research, En France, il pèse plus de 3 milliards d’euros, et entre 2021 et 2022, il a connu un accroissement de chiffre d’affaires de 17,5% atteignant ainsi les 71 millions d’euros. Des auteurs comme Laurent Gounelle, Raphaëlle Giordano, Maud Ankaoua y occupent une bonne place. Selon Wikipédia, le développement personnel est un ensemble de méthodes et des techniques, parfois même des courants de pensées qui ont pour objectifs : L’amélioration de la connaissance de soi, La valorisation des talents potentiels, L’amélioration de la qualité de vie, La réalisation de ses aspirations et rêves. 3. Points communs entre développement personnel et roman d’apprentissage Le point commun entre le développement personnel et le roman d’apprentissage (ou « Bildungsroman ») réside dans le processus de croissance et de transformation du personnage ou de l’individu. Pour le développement personnel, il s’agit de la quête d’une meilleure version de soi-même qui commence par une prise de conscience. La personne acquiert de compétences qui lui permettent de surmonter des obstacles personnels. Le roman d’apprentissage quant à lui suit généralement un jeune personnage à travers une série d’expériences qui le façonnent et le mènent à une compréhension plus profonde de lui-même et du monde. Dans les deux cas, il y a une évolution intérieure qui conduit à une maturation personnelle.

Détails
3 étapes d’un projet d’écriture (selon moi)

3 étapes d’un projet d’écriture (selon moi)

Un projet d’écriture se déroule selon moi en 3 grandes étapes qui sont l’extase, la désillusion et la prise de conscience. J’appelle la période d’extase, ce moment où vous avez l’impression d’avoir l’idée du siècle que vous voulez à tout prix transcrire en livre. Vous planez dans un nuage, dans le monde des idées comme le disent souvent les philosophes. La deuxième étape que j’appelle la désillusion vous rattrape très vite et vous remet les pieds sur terre, l’excitation ressentie au début baisse et laisser place au doute. Certains peuvent rester bloqués à cette étape et laisser tomber leur projet mais si vous décidez de la franchir alors… Vous passez à la troisième étape qui est la prise de conscience. Vous réalisez que tout compte fait votre idée n’est pas si originale que vous le croyiez mais vous décidez tout de même d’y mettre du vôtre. Etape 1 : L’extase Si comme moi vous débordez d’enthousiasme à chaque nouveau projet d’écriture, sachez que vous n’êtes pas le seul, ça nous arrive à tous, à un moment où à un autre. En fait c’est ce qu’on appelle le syndrome de l’objet brillant, très fréquent chez les personnes créatives. Mais moi je l’appelle le syndrome de la bonne idée, j’ai déjà consacré un article de blog à ce sujet d’ailleurs. Ce syndrome conduit le plus souvent à la procrastination car vous stagnez et vous n’osez pas passer à l’étape suivante. Cette extase s’empare de vous à chaque nouveau projet, à chaque nouvelle idée que vous avez. Puisqu’on parle de l’écriture, je peux vous dire que nombreux ne franchissent pas ce stade et trouvent toujours un moyen de se justifier envers eux-mêmes. J’ai rencontré nombreuses personnes qui me répétaient inlassablement qu’ils pensaient ou qu’ils aimeraient rédiger sur X ou sur Y sujet. Et moi toujours de répondre : pourquoi attendre ? Pourquoi penser alors que vous pouvez le faire ? Lire aussi : le syndrome de la bonne idée Etape 2 : La désillusion Après ce moment votre pic de motivation chute, votre enthousiasme s’amenuise. Ce moment vous retire de la dimension parallèle dans laquelle vous vous êtes installée pendant un moment. Cette étape est décisive car elle détermine si vous allez poursuivre ou abandonner votre projet. Et très souvent, la balance se penche du côté de l’abandon. Mais si vous avez décidé de ne pas écouter cette voix qui vous susurrait à l’oreille d’abandonner, alors vous avez franchi avec succès cette étape et vous êtes à présent prêt à embrasser la suivante. En général, c’est à ce stade que vous faites un petit clin d’œil à Google ou n’importe quel moteur de recherche. Vous vous rendez alors compte, non pas sans stupéfaction, que votre idée n’est pas tout à fait originale tel que vous le pensiez au départ.  C’est souvent à ce stade que nombreux jettent l’éponge en se disant à quoi bon reprendre ce qui a été déjà dit ou fait ? Mais si les nombreux érudits nous ayant précédés avaient réfléchi de la sorte, il n’y aurait pas eu autant de livres scientifiques. Lire aussi : devenir auteur à temps plein aujourd’hui Etape 3 : La prise de conscience Si vous êtes à cette étape, bravo à vous car c’est à ce grand moment que vous vous dite que… Oui votre idée n’est pas celle du siècle ; Oui vous n’êtes peut-être pas le ou la première à y penser ; Oui, vous pouvez vous l’approprier en y ajoutant votre touche personnelle et enfin donner vie à votre récit. A ce stade, vous êtes prêts à embrasser la réalité avec lucidité et vous attaquer à l’écriture. Vous planifiez vos objectifs d’écriture journaliers ou vous décidez d’y aller sans aucune pression en écrivant qu’au moment où vous vous sentez d’attaque. Mais quelle que soit votre idée ; livre de non fiction, billet de blog, essai, roman, foncez et partagez au monde votre histoire.

Détails