Prix littéraire Le Monde 2025 10 romans sélectionnés

Prix littéraire “Le Monde” 2025 : 10 livres sélectionnés

Le Prix littéraire “Le Monde” est organisé et remis par le média français Le Monde et ce, depuis 13 ans.   Pour son édition 2025, le Prix littéraire “Le Monde”, vient de dévoiler sa première sélection de 10 livres. La remise du prix se fera le 03 septembre 2025 et le lauréat sera mis en avant dans Le Monde des livres dès le 05 septembre. Lire l’article sur Le Monde La sélection du prix « Le Monde » 2025 La nuit au cœur, de Natacha Appanah (Gallimard)  Des inconnus à qui parler, de Camille Bordas (Denoël)  Le Pays dont tu as marché la terre, de Daniel Bourrion (Héloïse d’Ormesson)  Paranoïa, de Lise Charles (P.O.L)  In violentia veritas, de Catherine Girard (Grasset)  Le Bel Obscur, de Caroline Lamarche (Seuil)  Une drôle de peine, de Justine Lévy (Stock)  La maison vide, de Laurent Mauvignier (Minuit)  Simone Emonet, de Catherine Millet (Flammarion)  Les Forces, de Laura Vazquez (Sous-sol)

Comment redonner le goût de lire aux jeunes

Comment redonner le goût de lire aux jeunes

Redonner le goût de lire aux jeunes et les réconcilier avec la lecture en proposant des stratégies adaptées est le but de cet article. « Celui qui ne lit pas n’a aucun avantage sur celui qui ne sait pas lire », affirmait Mark Twain.  À l’heure où les écrans envahissent notre quotidien, cette citation résonne avec une acuité troublante.  La lecture semble en perte de terrain face aux contenus numériques courts, instantanés et souvent addictifs.  Pourtant, certains enseignants et libraires engagés prouvent qu’il est encore possible de rallumer la flamme du livre.  Comment ? En adoptant des approches sensibles, concrètes et non culpabilisantes. Lire aussi : les jeunes lisent de moins en moins Le goût de lire n’est pas inné Contrairement à une croyance tenace, aucun enfant ne naît avec une aversion pour la lecture.  Ce rejet naît souvent d’un contexte : Des expériences scolaires peu engageantes, Des lectures imposées, Une absence de modèle familial ou encore Une association systématique de la lecture à l’effort, voire à la punition.  Lire est une compétence culturelle qui s’apprend et se cultive. Il ne suffit pas d’imposer des livres pour qu’un enfant ou un adolescent les aime.  Il faut, avant tout, comprendre les blocages et accompagner chaque lecteur potentiel avec bienveillance. Le plaisir de la lecture chez les jeunes Le rôle fondamental de la famille dans la construction du plaisir de lire Les témoignages de lecteurs enthousiastes le confirment souvent : l’amour de la lecture naît dans un environnement où les adultes eux-mêmes lisent, commentent leurs lectures, racontent leurs histoires.  Sarah Armstrong, enseignante en petite enfance, évoque l’influence décisive de ses grands-parents : « Ils m’ont transmis la conviction que les livres sont source de bonheur et d’émancipation. »  Offrir cette présence lectrice, sans pression ni injonction, mais avec tendresse, est souvent le premier pas.  Lire ensemble, même dix minutes, peut ouvrir une porte durable vers l’univers du livre. Des stratégies pour débloquer l’envie de lire Au fil de son expérience, Sarah Armstrong a mis en place des techniques simples mais puissantes. Familiariser les enfants avec les mots par l’écriture créative, leur faire inventer des histoires, enrichir leur vocabulaire de manière ludique.  L’enfant devient acteur et non spectateur de l’univers littéraire.  Le plaisir de l’écriture devient alors un levier pour aimer lire.  Quand un enfant déclare : « C’est moi qui ai écrit ce livre », c’est souvent qu’il est prêt à en lire d’autres. Miser sur les références culturelles familières Les personnages aimés à l’écran peuvent devenir des ponts vers les livres. Pourquoi ne pas proposer à un enfant fasciné par Harry Potter de lire les romans ?  Loin de dénaturer l’expérience littéraire, cette stratégie la renforce. Le lien affectif préexistant devient un tremplin.  Elaine, libraire en Floride, recommande même de partir des séries ou films favoris de l’enfant pour proposer un livre « miroir » : même univers, même ambiance, mais en version papier. Donner le choix, c’est donner le pouvoir de lire Laisser l’enfant choisir ses livres est une forme de reconnaissance. C’est lui signifier que son goût compte.  Plutôt que d’imposer un classique, mieux vaut offrir une sélection diversifiée dans laquelle il pourra piocher librement.  Ce choix individuel, renforcé par la lecture à voix haute, notamment pour les plus jeunes, favorise une appropriation plus intime du livre.  Il ne s’agit pas de transformer un enfant en lecteur vorace du jour au lendemain, mais de l’aider à créer un lien affectif et personnel avec la lecture. Les livres illustrés Trop souvent négligés, les albums illustrés constituent une porte d’entrée précieuse vers la lecture.  En commençant par décrire une image, en imaginant ce qu’elle raconte, on stimule l’imaginaire et l’attention narrative.  Sarah Armstrong utilise cette méthode avant chaque lecture : l’image précède le texte, prépare le terrain, engage l’enfant.  Cette approche multimodale est particulièrement adaptée aux enfants visuels ou moins verbaux. Pour les adolescents : isoler et relier les mots pour retrouver du sens Avec les lecteurs plus âgés, la lecture peut redevenir un jeu.  Proposer une sélection de mots issus d’un texte et demander à chacun de deviner ce qui les relie, c’est faire appel à leur sens de l’analyse, à leur curiosité.  Une fois ce travail effectué, la lecture du texte complet devient plus engageante.  L’adolescent se sent partie prenante, presque détective littéraire. C’est dans cette interaction que se recrée l’intérêt pour les textes longs. Un cadre bienveillant : clé de voûte d’un accompagnement réussi Tout au long du parcours, l’environnement dans lequel on lit joue un rôle central.  Elaine parle d’un cadre chaleureux, d’un dialogue sans jugement, de moments partagés.  Les book-talks ou cercles de lecture, même très informels, permettent de libérer la parole autour des livres.  On y échange, on y découvre d’autres goûts, on apprend à écouter.  En faisant de la lecture un espace de lien social, on redonne à l’acte de lire toute sa dimension humaine. Démystifier l’image du « bon lecteur » Vouloir tout lire, tout comprendre, tout de suite : voilà une injonction toxique qui décourage bien des jeunes.  Il est nécessaire de leur rappeler qu’aimer lire ne signifie pas dévorer des volumes entiers ni comprendre chaque mot.  Il s’agit avant tout de curiosité, de plaisir, de rencontres avec des histoires ou des idées.  Déculpabiliser, c’est libérer. Et c’est en libérant qu’on ouvre la voie vers une lecture durable. Lire aussi : lecture et procrastination Lire : un art à cultiver doucement La lecture n’est pas une obligation, mais une invitation. Une main tendue vers une richesse invisible.  Pour aider les jeunes à aimer lire, il faut parfois commencer par désapprendre nos méthodes d’adultes. Ne pas imposer, ne pas juger, ne pas brusquer.  Juste proposer, écouter, guider. Car dans chaque jeune, aussi réticent soit-il, sommeille un lecteur qui ne demande qu’à naître.

Festival des littératures Africaines 2025 à Nantes

Festival des littératures Africaines 2025 à Nantes

La 10e édition du Festival des littératures africaines ou le Brunch littéraire se tiendra du 10 au 12 octobre 2025 à Nantes. Il se déroulera sous le thème : « Réécrire l’Afrique à l’ère de l’intelligence artificielle : Entre mémoire, réprobation et résolution éditoriale ». Ce festival se veut une réflexion sur la relation de l’Afrique à l’IA ; ce qui l’unit ou le sépare d’avec la littérature.  Le festival se déroulera à la Maison des Confluences située à Clos Toreau à Nantes. Lire aussi : adaptation d’un livre A quoi s’attendre ? Le sujet de ce festival est un regard tourné vers l’avenir car nous le savons bien, l’IA est une sujet qui fait couler encre et salives. Organisé par La Truelle Sociale – ASPROBIR, ce festival met en lumière la richesse et la diversité des écritures africaines et afro-descendantes.  C’est donc une invitation à la réflexion sur :  La création littéraire africaine,  La transmission des savoirs traditionnels et La réappropriation éditoriale des auteurs africains face aux technologies émergentes. Au programme du Festival des Littératures Africaines L’évènement se déroulera du 10 au 12 octobre 2025 à la maison des confluences – Clos Toreau à Nantes.  Un marché du livre, des rencontres d’auteurs, des dédicaces et des ateliers et tant d’autres activités sont attendus pour cette édition. Vendredi le 10 octobre Cérémonie d’ouverture Ateliers jeunesse Marché littéraire Atelier professionnel (Editions Esoulan) Rencontre auteur Samedi le 11 octobre Ateliers thématiques Tables rondes autour de l’IA et la littérature Marché littéraire Dédicaces au Leclerc Atout Sud à Rezé Dimanche 12 octobre Rencontre auteur Marché littéraire Cérémonie de clôture Auteurs invités au Brunch Littéraire 2025 Le festival réunira des étoiles montantes tout comme des auteurs de renom. Parmi les invités confirmés, il y aura :  Fatou Diomandé – écrivaine ivoirienne et éditrice Abdelaziz Baraka Sakin – romancier soudanais Wilfried N’sondé – écrivain congolais Sylvia Serbin – historienne et auteure afro-antillaise Karla Suarez – écrivaine cubaine Marien Fauney Ngombé – essayiste et oenseur de de l’édition Réservez-votre stand Informations pratiques Dates : 10, 11 et 12 octobre 2025 Lieu : Maison des Confluiences, Clos-Toreaun Nantes Site : https://asprobir.org Instagram : @brunchlitteraire_nantes X (ex Twitter) : @BruchLitt

Comment écrire le meilleur flashback

Comment écrire le meilleur flashback

Le flashback enrichit votre récit en lui offrant plus de profondeur et en révélant peu à peu les mystères de vos personnages. Mais au fait, c’est quoi exactement un flashback et à quoi ça sert ? Et surtout, comment bien l’utiliser sans perdre vos lecteurs en route ? Ne bougez pas, je vous explique tout. Comment finir un chapitre C’est quoi un flashback ? Un flashback (ou analepse en français) est un retour en arrière dans la chronologie de votre récit. Il permet, à la lumière d’une évènement passé: un souvenir, une scène marquante, une origine oubliée… de comprendre le présent. Dans un roman, les événements ne sont pas toujours racontés dans l’ordre. Contrairement à un livre d’histoire, une fiction peut commencer in medias res, c’est-à-dire en plein cœur de l’action. Puis, ce retour dans le passé donne du sens à ce qui se passe dans le présent du personnage. Faut-il forcément utiliser des flashbacks ? Non car, même s’il est un outil narratif important, il faut néanmoins y recourir et s’en servir avec justesse. S’il est mal utilisé, il peut casser le rythme, ennuyer, voire même désorienter le lecteur. Le flashback ajoute de la tension, de la profondeur psychologique et donne plus de relief à votre intrigue s’il est bien utilisé. Posez-vous toujours cette question toutes les fois que vous voudrez y recourir : ce retour en arrière enrichit-il vraiment mon récit ? Si la réponse est non, contentez-vous d’un dialogue, d’un indice subtil ou d’un simple souvenir évoqué en quelques mots. Devenir Membre-Fondateur Pourquoi utiliser un flashback ? Tout simplement parce que recourir au flashback permet : D’expliquer la motivation profonde du personnage De révéler un traumatisme passé ou un élément clé de son histoire D’éviter de longues descriptions en montrant l’événement directement D’ajouter une pièce au puzzle de votre intrigue Il est essentiel de retenir qu’un flashback vient enrichir l’intrigue principale. On n’y recourt donc que dans ce but ou celui de dévoiler une vérité essentielle permettant de comprendre le personnage. Comment bien écrire un flashback ? Vous avez compris c’est quoi un flashback mais peut-être que vous vous demandez comment vous y prendre de manière efficace ? Voici 5 étapes qu’il faudra respecter : 1. Le déclencheur Qu’est-ce qui fait remonter le souvenir ? Une odeur ? Un lieu familier ? Une phrase entendue ? Une sensation physique… ? C’est cet élément sensoriel ou émotionnel qui justifie naturellement le passage au passé. Exemple : À l’instant où elle entendit la chanson, elle eut l’impression de revivre ses 8 ans. 2. La transition Le changement de temporalité doit être introduite par une formule comme par exemple : Il y a dix ans… Papa disait souvent… Quand j’étais enfant… Le lecteur ne doit pas deviner seul le changement d’époque. 3. La concision et vivacité Un souvenir, aussi frappant soit-il, ne dure souvent que quelques instants. De la même manière, votre flashback bien qu’il doive être vif ne doit pas s’éterniser. Créez une scène vivante et courte, et décorez-la des détails précis. Au lieu de simplement raconter l’action, montrez-là aux lecteurs. Roman photo vs Roman graphique 4. La cohérence Le comportement actuel de votre personnage doit trouver un écho dans son passé Non pas comme un simple voyage dans le temps mais comme l’éclairage d’une blessure, d’une peur, d’un désir. Il donne une légitimité à ce que le personnage fait ou ressent aujourd’hui. 5. Les conséquences Un bon flashback doit avoir un impact sur le présent. Il ne doit pas être un simple élément décoratif, mais un déclencher d’une décision, d’un changement, d’une révélation. Bonus Vous pouvez glisser un mini-flashback au cœur d’un dialogue, en quelques lignes. Variez la forme : certains souvenirs peuvent être visuels, auditifs, émotionnels. N’en abusez pas : trop de flashbacks tuent la tension principale.

Adaptation d’un film en un roman ou une BD

Adaptation d’un film en un roman ou une BD

L’adaptation d’un film ou d’une émission télé en un roman ou une BD est la question centrale de notre article d’aujourd’hui.  Produire un film est un exercice fastidieux, écrire un roman ne l’est pas moins même si, il faut l’avouer, les enjeux sont différents.  De la pré- à la postproduction en passant par le casting et le filmage, un film exige le déploiement de moyens matériels et humains conséquents.  Aucun écrivain ne peut dire qu’écrire est facile, car le vrai défi est de transcrire sur plusieurs pages son idée.  Est-ce que partir d’un film rend l’exercice plus facile ? Comment s’y prendre pour réussir son adaptation ?  Autrement dit, comment passer du genre cinématographique (scénario) vers un roman ou une BD ? Lire aussi : Le Théorème du Vaquitta Roman vs Film Avant de penser adaptation, il faut comprendre ce qui distingue fondamentalement un scénario de film d’un roman. Un scénario est écrit pour être vu : il s’attarde surtout sur les actions et les dialogues, dans une dynamique visuelle et rythmée. L’image y est reine, la suggestion précède souvent l’explication. Le roman, lui, repose sur la narration : il pénètre l’intériorité des personnages, explore leurs émotions, leur passé, leurs dilemmes intimes. Il peut ralentir le temps, étoffer les descriptions, développer un univers. Adapter un film en roman (ou en BD) suppose donc d’ajouter de l’épaisseur à ce qui était jusque-là montré brièvement à l’écran. Lire aussi : Comment développer ses personnages De l’écran à la page : la novelization Le mot anglais novelization désigne ce processus d’adaptation d’un film en roman. Il n’existe pas vraiment d’équivalent précis en français, j’ignore si l’on pourrait parler de « romancisation« . Cette pratique, plus courante qu’on ne le pense, remonte aux débuts du cinéma. Dès 1915, le réalisateur Louis Feuillade adapte lui-même son film Le Vampire en une série de sept volumes. Le roman apporte une clarté narrative à un film parfois jugé confus ou trop elliptique. Autre exemple marquant : King Kong, adapté en roman en 1933 par le journaliste Delos W. Lovelace, avant même la sortie du film en salle. À partir des années 1970, le phénomène prend de l’ampleur avec l’essor des genres science-fiction, fantasy et horreur. Des œuvres cultes comme Taxi Driver ou Back to the Future font l’objet d’adaptations littéraires, souvent publiées à la sortie des films. Lire aussi : Narration et Point de vue (focalisation) Une stratégie culturelle et commerciale… Pour les studios, ces adaptations représentent aussi une opportunité marketing. Elles permettent de prolonger l’expérience du spectateur ; de conquérir un public plus jeune (notamment les enfants n’ayant pas accès aux salles de cinéma), ou encore d’élargir le rayonnement de la marque auprès des lecteurs. Certaines adaptations vont même jusqu’à surpasser le film original dans l’imaginaire collectif, en apportant une nouvelle profondeur aux personnages ou à l’univers narratif. Enrichir un scénario, c’est lui donner une voix intérieure, creuser les silences, et réinterpréter les scènes à travers une autre forme de langage. La novelization devient alors un véritable travail d’écriture littéraire, où l’auteur ne se contente pas de retranscrire mais réinvente. Réjoindre le Club-Fondateur Pour redécouvrir une histoire autrement Adapter un film en roman ou en bande dessinée, ce n’est pas seulement un changement de format. C’est une métamorphose narrative, une relecture sensible d’un récit déjà connu. Une adaptation réussie révèle une autre facette de l’histoire, prolonge son souffle et la rend accessible autrement. Dans un monde saturé d’images, revenir à l’écrit, même à partir du cinéma, est une manière précieuse de renouer avec le pouvoir de l’imagination.

Comment mieux écrire avec E. B. White en 13 conseils

Comment mieux écrire avec E. B. White en 13 conseils

Rejoindre le Club-Fondateur La question comment mieux écrire se pose souvent voire même s’impose quand on veut affuter son talent d’écrivain.  Il suffit de taper ladite requête sur un moteur de recherche pour se rendre compte de l’avalanche de contenus déjà publiés sur le sujet. Cela est la preuve que depuis toujours cette question suscite de l’intérêt. Dans cet article, nous allons tenter d’y apporter quelques réponses en nous basant sur les écrits de l’écrivain américain E. B. White.  Elwyn Brooks White de son nom complet, E.B. White est né le 11 juillet 1899 à Mount Vernon à New-York. Coauteur avec William Strunk Jr de The Elements of Style, il est surtout connu pour avoir écrit les livres jeunesse à succès La Toile de Charlotte (1952) et Stuart Little (1945). Ayant publié plus de 1800 articles et donné des centaines d’interviews, voici treize conseils qu’on peut en tirer pour mieux écrire Conseil n° 1 : L’instinct de l’écrivain (prendre son temps) L’écrivain parle du sentiment qu’il a éprouvé après qu’il a fini d’écrire La Toile de Charlotte.  Il parle aussi du temps qu’il lui a fallu avant de finir son premier jet qui ne l’enthousiasmait guère, précise-t-il dans son interview publiée dans The Paris Review. Le pressentiment qu’il subsistait encore beaucoup d’erreurs qu’il fallait éradiquer l’envahissait. Et c’est normal pour un premier jet. Ernest Hemingway ne nous avertit-il pas déjà en nous disant que tout premier jet est nul ? Pour lui, il lui a fallu du temps et beaucoup de patience, ce qui a dû sûrement lui donner du recul par rapport à son texte. C’est donc une invitation à prendre son temps. A reposer son texte parfois avant de le retoucher et ne jamais oublier que tout premier jet est perfectible. Conseil n°2 : Sur la page blanche Dans ses Lettres, E. B. White dit ressentir face à une page blanche une sorte d’excitation, parfois même une frustration. Celui-ci tout comme celui-là, sont tout à fait compréhensibles et fréquents chez l’écrivain.  Excitation… Car un page blanche est comme un terrain vide à remplir, une terre à conquérir, une possibilité de transcrire au moins une parmi le millier d’histoires au fond de sa tête.  Frustration… Car transcrire son histoire sur plusieurs pages jusqu’à un livre, a l’air plus facile mentallement que dans la réalité.  Il navigue entre les deux sentiments, tantôt l’un où l’autre, tantôt l’un et l’autre qu’il n’arrive pas à décrire clairement son ressenti.  Mais malgré ces incertitudes, doutes et tâtonnements, il est certain d’une chose : “une feuille blanche est plus prometteuse qu’un ciel en or.” Lire aussi : le blocage de l’écrivain Conseil n°3 : Sur l’écriture jeunesse L’écriture jeunesse n’est pas un exercice anodin car elle exige beaucoup de tact. Certains auteurs peuvent tomber dans le piège de la bassesse évitant un texte trop savant pour leur public. Oubliant que les enfants sont intelligents, curieux et éveillés.  Qu’ils reçoivent tout ce qu’on leur offre du moment que c’est offert sincèrement. Conseil n°4 : Le style Le style représente la signature personnelle de l’auteur et, globalement, son identité. C’est un aspect de l’expression, volontaire ou spontané, de l’écrivain qui le rend unique.  D’où, certains auteurs qu’on peut reconnaître à leurs textes même les yeux fermés. Soit par leurs tournures phrastiques, soit par quelque autre caractéristique. E. B. White, dans The Elements of Style, démontre qu’au-delà de l’aspect identitaire, le style révèle l’esprit de son auteur en portant et en dévoilant ses empreintes. Conseil 5 : L’importance de la clarté Etre le plus clair possible a toujours été le but premier d’E. B. White dans chacune de ses démarches d’écriture.  Pour lui, privilégier la clarté est une marque de respect à son lecteur. Étant lui-même un lecteur lent, confie-t-il dans son interview dans le New York Times, il veut s’assurer que le lecteur comprenne facilement le message qu’il souhaite transmettre.  Il veille donc à atteindre la clarté, la fluidité, passant par plusieurs révisions strictes. Conseil 6 : Le doute et les blocages Le doute est le propre de l’homme quelle que soit la sphère de sa vie, l’écriture n’en est pas exemptée.  Mieux vaut se poser des questions sur l’intrigue qu’on construit et sur les personnages, propose E. B. White, au lieu de se figer. Si malgré cela, les doutes et les blocages persistent, il vaut mieux passer à autre chose. Soit provisoirement, soit définitivement.  Conseil n° 7 : L’auto-correction L’auto-évaluation (auto-évaluation) est un atout non négligeable, je dirais même vital, pour l’écrivain. Même si tous n’en sont pas pourvus et tant mieux car, avoue E. B. White, ce n’est pas un critère qui justifie la qualité de l’écrivain et de ses productions. Il reconnaît avoir rencontré des très bons écrivains au cours de sa vie, certains étant pourvus de cette qualité alors que d’autres non. Conseil n° 8 : Sur la procrastination Comme tout métier créatif, celui de l’écriture n’échappe pas à la procrastination.  La discipline en est souvent le remède.  C’est pourquoi E. B. White suggère la fixation d’un délai comme moyen de contourner cela. Bien qu’il reconnaît que le respect du délai est impossible pour l’écrivain qui, tel un surfeur attendant la bonne vague, est toujours en attente de la bonne idée.  Parfois, cela ne dépend même pas de la personne, il y a certains jours où, quelle que soit l’envie, les mots ne viennent pas. B. White imaginait mentalement ses scénarios avant de se mettre à écrire. Cela permet d’autre part, de contourner le syndrome de la page blanche. Lire aussi : lecture et procrastination Conseil n°9 : L’inspiration L’inspiration est l’élément central du travail d’écriture. EB White par analogie, compare cela au travail de mécanicien.  Pour graisser une voiture, il a besoin d’inspiration car sans cela, il peut tout faire de travers. J’associe souvent procrastination et inspiration car à trop attendre la bonné idée, on risque d’attraper le syndrôme de l’objet brillant. Attendre longtemps et puis abandonner pour une nouvelle idée qui semble alléchante que la précédente. Conseil n° 10…

Le plaisir de la lecture chez les jeunes

Le plaisir de la lecture chez les jeunes

L’échec dans la création du plaisir de la lecture est à la base du tableau pessimiste qu’on trace sur le rapport de la jeunesse à la lecture.  Pour moi, cela relève d’une mauvaise foi ou au fait que les jeunes ne s’accrochent pas aux livres auxquels tout le monde s’attendrait. A ceux qui me disent qu’ils n’arrivent jamais à lire, je réponds qu’ils ne sont jamais tombés sur le bon livre. Ils ne sont jamais tombés sur cette histoire qui tient par la gorge et qu’on veut absolument finir.  Mais revenons à notre sujet : pourquoi tout le monde dit que les jeunes lisent moins ? Voire même qu’ils ne lisent pas ? Est-ce juste une question de choix ? De format ou de genre littéraire ? Parlons-en dans cet article de blog. Genre littéraire populaires en 2023 La lecture en crise ? La lecture, censée être une source de plaisir, d’évasion et de développement personnel, est aujourd’hui en crise.  Une récente enquête britannique révèle que le plaisir de la lecture chez les jeunes n’a jamais été aussi bas depuis vingt ans.  Cette chute du plaisir de la lecture, explique un article de The Guardian, est apparemment plus grave chez les garçons que chez les filles. Entre 11 et 16 ans, pendant que la courbe reste constante ou légèrement croissante chez les filles, renchérit l’article, les garçons semblent y perdre goût. Ce constat alarmant doit nous interroger sur notre propre système éducatif et sur la manière dont nous abordons l’apprentissage de la lecture. Une chute vertigineuse du plaisir de la lecture Seul un tiers des jeunes déclare aimer lire, et la proportion de lecteurs quotidiens a été divisée par deux en deux décennies.  Le phénomène touche particulièrement les adolescents, mais il concerne l’ensemble de la jeunesse. Comment expliquer une telle désaffection ? Lire ici l’enquête du média The Guardian : https://www.theguardian.com/books/2025/jun/11/children-reading-enjoyment-falls-national-literacy-trust  Rejoins le Club-Fondateur L’échec des méthodes traditionnelles L’école, malgré ses efforts, semble échouer à transmettre le plaisir de lire.  La lecture y est souvent perçue comme une obligation, une tâche à accomplir pour obtenir une note, et non comme une activité enrichissante.  Les clubs de lecture ou les discussions de groupe, pourtant valorisés par l’institution, n’attirent que très peu les jeunes les moins motivés.  Cela remet en cause l’idée reçue selon laquelle il suffirait de multiplier les activités autour du livre pour créer une culture de la lecture. Le besoin de sens et de liberté Les jeunes d’aujourd’hui veulent lire ce qui rencontre leurs centres d’intérêt. Ce qui fait écho à leur vie ou à leurs passions. Ils sont plus enclins à ouvrir un livre si celui-ci fait référence à un univers qu’ils aiment (films, séries, loisirs) ou si la couverture les intrigue.  Imposer des lectures « classiques » sans lien avec leurs centres d’intérêt ne fait qu’accentuer leur désengagement. Une responsabilité collective Face à cette crise, il est urgent de repenser notre approche. Plutôt que d’imposer, il faut accompagner, écouter et proposer.  L’accès à des livres variés, l’intégration de la culture populaire, la valorisation du choix personnel sont des pistes à explorer pour raviver l’amour de la lecture.  Il s’agit de rencontrer les jeunes là où ils sont, et non là où l’on voudrait qu’ils soient. Moi je connais des gens pour qui un texte prosaïque quel qu’il soit est un somnifère alors qu’ils sont capable de passer une nuit entière devant une BD ou un manga. Pour aller plus loin National Literacy Trust – Research and Reports (en anglais) Pour un recouvrement du plaisir de la lecture La crise du plaisir de la lecture n’est pas une fatalité mais plutôt un appel et même un rappel.  Elle nous oblige à repenser le rôle de l’école et de la société dans l’accompagnement des jeunes lecteurs.  Redonnons à la lecture sa dimension de plaisir, de découverte et de liberté, pour que chaque enfant puisse s’approprier le livre à sa manière. Soutenir Le live du livre à moins de 5€ par mois Rejoignez le Club Fondateur et devenez un pilier de notre croissance !

L'importance de lire la fiction chez les hommes

L’importance de lire la fiction pour les hommes

Nous sommes rarement encouragées à lire de la fiction et à discuter de sa capacité à ouvrir des mondes intérieurs, écrit Vincent Straub, doctorant à l’Université d’Oxford. Pour certains, lire la fiction est une perte de temps… A quoi bon se plonger dans des récits irréels alors qu’il y a plein d’autres sujets à découvrir ? Alors qu’on peut lire sur la psychologie, l’entrepreneuriat, le marketing, la séduction et, je ne sais, quel autre sujet passionnant ? Mais malgré la kyrielle des catégories non-fiction, lire la fiction n’est pas moins important, et nous allons découvrir pourquoi. La lecture et la procrastination La lecture comme levier de développement émotionnel Dans son article « Les hommes ont aussi besoin de libération : avons-nous besoin de plus de romanciers masculins ? » (31 mai), Sarah Moss va droit au cœur du sujet.Pour elle, point n’est besoin d’avoir plus d’auteurs masculins car là n’est pas le problème.  Il faut juste que les hommes lisent et soient soutenus dans leur vie émotionnelle. Et la fiction peut les aider à nourrir cette vie intérieure. Vincent Straub, chercheur en santé masculine, note que les modèles restrictifs de la masculinité — stoïcisme, autonomie excessive, détachement émotionnel — nuisent à la santé mentale et physique. Face à cette pression vécue presque comme une injonction, lire la fiction serait un antidote puissant.  Elle offre un accès à la nuance émotionnelle, à l’empathie et à la réflexion sur soi. Pourtant, les garçons sont rarement encouragés à voir la lecture sous cet angle. La lecture comme ouverture émotionnelle Adolescent, Vincent Straub ne discutait que rarement de livres avec ses amis masculins, même s’il en lisait secrètement.  Un long été, il s’est plongé dans Madame Bovary, Anna Karénine et Effi Briest — des romans écrits par des auteurs masculins.  Ces œuvres lui ouvrent des mondes intérieurs qu’il n’avait jamais appris à nommer.  Cette expansion émotionnelle est un cadeau que la littérature offre, un cadeau trop souvent refusé aux garçons. L’importance de modèles masculins lisant et partageant la fiction Plusieurs solutions peuvent permettre d’éloigner les jeunes hommes de l’isolement ou de l’extrémisme en ligne. Avoir davantage d’hommes qui parlent publiquement des livres qui les ont touchés, et qui tendent la main — les uns aux autres et à leurs fils.  Messieurs, quand avez-vous lu un livre à un autre homme pour la dernière fois ? Des figures comme Barack Obama et Bill Gates ont démontré le pouvoir de la lecture, même s’ils ne parlent jamais de la fiction.  Par ailleurs, il faut protéger les bibliothèques publiques et scolaires.  Selon le National Literacy Trust, les enfants nés dans les communautés les plus touchées par des défis en matière d’alphabétisation ont parmi les espérances de vie les plus faibles en Angleterre.  Ceux qui aiment lire sont aussi plus heureux dans leur vie. Si la lecture chez les hommes est en crise, la solution ne viendra pas uniquement de l’édition. Elle doit être culturelle — et collective. Vincent Straub, doctorant à l’Université d’Oxford Encourager à lire la fiction Encourager les garçons et les hommes à lire de la fiction est une piste essentielle pour leur épanouissement émotionnel et leur santé globale.   La lecture étant outil d’ouverture intérieure, créer des espaces de partage, peut contribuer à une masculinité plus riche, plus empathique et plus équilibrée. Protéger les bibliothèques et promouvoir des modèles masculins lecteurs sont des actions clés pour bâtir cette nouvelle culture de la lecture masculine. Pour aller plus loin https://www.theguardian.com/society/2025/jun/06/a-novel-idea-for-mens-emotional-growth  https://www.theguardian.com/books/2025/may/31/men-need-liberation-too-do-we-need-more-male-novelists  https://lelivedulivre.com/news/lecture-et-procrastination/

Scandale des fausses recommandations de livres générées par l’IA

Scandale des fausses recommandations de livres générées par l’IA

En prélude de la période estivale, il est de coutume que des entreprises de presse généralistes ou culturelles partagent leurs recommandations de lectures. Dans cet esprit, certains grands journaux américains ont publié leurs recommandations mais à la surprise du public, la plupart des titres sont fictifs. Inventés par l’intelligence artificielle qui a servi apparemment à la rédaction de l’article. Une erreur pareille est-elle acceptable venant d’une entreprise avec plusieurs employés ?  N’y a-t-il pas eu vérification rigoureuse par la rédaction comme il se doit avant la publication de l’article ? En ces temps, où nous avançons indubitablement vers une artificialisation de tout, comment distinguer le vrai du faux ? Au cœur de ce fiasco médiatique, je m’interroge sur la place de l’IA dans la création de contenus culturels. Lire aussi : IA et droit d’auteur Une liste de lecture estivale truffée de livres fictifs Tout commence lorsque le Chicago Sun-Times et une édition du Philadelphia Inquirer publient, le 18 mai 2025, une liste de livres à lire pour l’été.  Parmi les auteurs cités : Isabel Allende, Percival Everett, Delia Owens, Taylor Jenkins Reid, Brit Bennett…  Mais très vite, lecteurs et auteurs s’aperçoivent que la plupart des titres n’existent tout simplement pas ! Par exemple, Isabel Allende n’a jamais écrit Tidewater Dreams, présenté comme son « premier roman fiction sur le climat », et Percival Everett n’a jamais publié The Rainmakers. Seulement 5 des 15 titres de la liste étaient authentiques, les autres étant des inventions pures de l’IA. Comment une telle erreur a pu se produire ? Photo par ©404media.co La liste, dépourvue de signature, provenait d’un contenu syndiqué fourni par King Features, une filiale du groupe Hearst Newspapers.  Selon Victor Lim, directeur marketing de Chicago Public Media (maison-mère du Sun-Times), la rédaction n’a pas validé ce contenu, qui a été intégré à un supplément spécial intitulé « Heat Index: Your Guide to the Best of Summer » (source : NPR). Le journaliste indépendant Marco Buscaglia a reconnu être à l’origine de la liste, précisant qu’elle avait été « en partie générée par intelligence artificielle », probablement via Claude.  Il a publiquement assumé la responsabilité de cette erreur, expliquant : « C’est une énorme erreur de ma part et cela n’a rien à voir avec le Sun-Times. Ils font confiance au contenu qu’ils achètent, et j’ai trahi cette confiance. Je suis responsable à 100%. » Réactions : colère des lecteurs et inquiétude des professionnels La révélation de la supercherie a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans les milieux littéraires. Sur Reddit, un abonné s’exclame : « En tant qu’abonné, je suis furieux ! À quoi bon payer pour un journal papier si c’est pour y trouver des saletés générées par l’IA ? » Sur Bluesky, Kelly Jensen, autrice et ancienne bibliothécaire, déplore : « Voilà l’avenir des recommandations de livres quand on démantèle les bibliothèques et qu’on supprime les professionnels qualifiés. » Les journaux concernés ont publié des communiqués pour condamner l’usage de l’IA et promettre des enquêtes internes. Lire aussi : créativité et IA Une crise révélatrice des dérives de l’IA générative Cette affaire illustre plusieurs problèmes majeurs : L’IA générative est incapable de distinguer le vrai du faux et peut inventer des faits ou des titres avec un ton d’expert. La précarité des rédactions : le Sun-Times venait d’annoncer que 20% de son personnel avait accepté des départs volontaires pour raisons budgétaires. La dévalorisation du travail humain : alors que les bibliothécaires et critiques littéraires qualifiés sont de moins en moins nombreux, l’IA prend leur place… sans garantir la fiabilité de l’information.   Gabino Iglesias, auteur et chroniqueur pour NPR Books, souligne : « Combien de critiques littéraires à plein temps reste-t-il aux États-Unis ? Très peu. » Il ajoute en souriant : « Payez les auteurs et nous écriront ces faux livres qui n’existent pas ! » Pour aller plus loin Article original de NPR sur l’affaire  Analyse de 404 Media   L’importance de l’expertise humaine Ce scandale rappelle à quel point le regard humain est essentiel malgré l’IA. L’expertise des bibliothécaires et des journalistes spécialisés sont essentiels pour garantir la qualité et la véracité des recommandations culturelles. Pour des listes de lecture fiables, faites confiance aux professionnels… et méfiez-vous des hallucinations de l’IA !… Adhésion requise Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.Already a member? Connectez-vous ici...

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Le cycle de production d'un texte

Le cycle de production d’un texte : de l’ébauche au texte final

Le cycle de production d’un texte débute par l’action d’écrire, pour ne pas dire l’intention. Puis, une fois son premier jet à terme, de le poser pour le reprendre peu de temps après.  Cela afin d’avoir un recul pour bien le réécrire, l’épurer jusqu’à en épuiser les coquilles, jusqu’à sa forme finie.  Selon moi, la production d’un texte se déroule dans un cycle fermé qui part de l’ébauche au texte fini.  Mais quel est ce cycle et quelles en sont les étapes essentielles ? C’est le but de cet billet de blog, dans lequel vous vous retrouverez, j’ose croire. Lire aussi : IA écriture ou réécriture 1. L’écriture : poser la première pierre L’acte d’écriture est le point de départ de tout texte quelle qu’en soit la nature. Que ce soit un article scientifique, un roman ou un simple billet de blog. Il s’agit d’abord de poser ses idées, l’une après l’autre, sans se soucier de la perfection.  Cette première version est souvent brute, imparfaite, mais essentielle car c’est elle qui ouvre la porte aux prochaines étapes. Ernest Hemingway ne disait-il pas à ce propos que “le premier jet de quoi que ce soit est merdique” ?  Ghaan Ima le dit encore mieux en avançant qu’un premier jet est un diamant brut et les corrections et les réécritures sont le travail méticuleux de polissage et de taille pour obtenir une gemme étincelante. Tout brouillon est perfectible ; c’est pour ça qu’il est appelé ainsi, mais il faut qu’il existe pour que les autres étapes le soient aussi.  Comment bien débuter l’écriture ? Fixez un objectif clair : Quel est le message principal ? Évitez la procrastination : Écrivez sans chercher à être parfait dès le début. Laissez couler les idées : L’important est de remplir la page. 2. Poser son texte : prendre du recul Après une première rédaction, il est crucial de s’arrêter et de laisser son texte « reposer ».  Ce moment de pause permet de prendre du recul et de revenir avec un regard plus objectif. Si vous sautez cette étape, vous vous trouverez en train de lire ce que vous pensez avoir écrit que ce qui est réellement écrit. Lire aussi : 9 pratiques pour débuter dans l’écriture Pourquoi est-il essentiel de faire une pause ? Améliorer la clarté : Un texte laissé de côté devient plus facile à juger. Détecter les incohérences : Les idées mal organisées ressortent mieux après un temps de repos. Faciliter la réécriture : On se détache émotionnellement du texte. 3. La relecture : traquer les erreurs et incohérences La relecture est une étape clé du processus d’écriture. Elle permet d’identifier les fautes, les maladresses et les redondances. Et il y en a beaucoup, parfois certaines d’entre elles nous surprennent quand on les décèle.  Pour ceux qui en ont les moyens, cette tâche est confiée à des professionnels pour un meilleur rendu. Lire aussi : 3 étapes d’un projet d’écriture Méthodes efficaces pour une relecture optimale Lire à voix haute : Permet de détecter les tournures maladroites. Modifier la mise en forme : Changer la police ou l’espacement pour un regard neuf. Utiliser un outil de correction : Grammarly, Antidote ou Le Robert Correcteur peuvent aider. Ecouter aussi notre podcast avec Murel Gilbert sur le sujet 4. La réécriture : perfectionner son texte La réécriture est souvent l’étape la plus longue et la plus difficile. Il ne s’agit pas seulement de corriger des erreurs, mais aussi d’affiner le style, d’améliorer la fluidité et de renforcer l’impact du message. C’est à cette étape, que certains auteurs disent avoir repris complètement des chapitres après les avoir supprimés. Les étapes de la réécriture Supprimer les répétitions et longueurs inutiles. Rendre les phrases plus dynamiques et précises. Vérifier la cohérence des idées. Simplifier les phrases complexes. 5. L’épuration : la quête de la clarté Un texte clair et concis est plus agréable à lire. L’épuration vise à retirer tout ce qui alourdit la lecture. C’est à cette étape qu’on retire les coquilles qui ont pu passer à travers les mailles du filet. Techniques pour épurer un texte Supprimer les mots superflus. Éviter les tournures passives et privilégier la voix active. Raccourcir les phrases trop longues. 6. L’épuisement de l’auteur : savoir quand s’arrêter Un texte peut toujours être amélioré, mais il faut savoir poser la plume à un moment donné. L’épuisement de l’auteur est un signe qu’il est temps de publier. Quand considérer un texte comme fini ? Lorsque la relecture ne révèle plus d’erreurs majeures. Quand le texte est fluide et compréhensible. Si les retours extérieurs sont positifs et constructifs. Conclusion : L’écriture, un cycle perpétuel Le cycle de vie d’un texte ne s’arrête jamais vraiment.  Chaque texte écrit est une occasion d’apprendre et de progresser.  Ayez en tête ces étapes – écriture, pause, relecture, réécriture, épuration – pour améliorer vos écrits au fur et à mesure.  Ne sautez aucune d’elles, car cela constituerait des handicaps pour le texte final souhaité.