Je suis Pascal ASHUZA, blogueur littéraire et directeur de publication de ce joli site que vous êtes entrain de visiter. La littérature et la lecture sont plus qu’une passion pour moi. Tout jeune, j’aimais le livre et je me disais qu’un jour j’écrirai le mien et aujourd’hui : J’ai publié en co-écriture avec Philigence Faye, un recueil de poèmes Plume terrorisée. J’ai co-écrit, Mots de ma muse avec Lisa Idirene (Poèmes, Inédit,) J’ai co-écrit un roman, L’Invité au Goncourt, en co-écriture avec Laurence Kiehl. (Roman, Inédit) J’ai écrit, Au gré de maux divers… (Poèmes, Inédit)

IA Ecriture ou co-écriture

IA : Ecriture ou co-écriture ?

Pouvons-nous parler d’écriture ou de co-écriture face à un poème, un scénario ou même un script produit par intelligence artificielle ? La montée fulgurante des IA génératives a bouleversé toutes les sphères du secteur créatif et artistique.  Les métiers de comédien, de vidéaste, d’écrivain, de musicien, de graphiste et j’en passe, se trouvent menacés. Certaines maisons d’éditions comme Harper Collins se lancent sur l’entrainement d’IA génératives.  Alors que cela choque plus d’un, des chaines de télévisions, des podcasts et même des films entiers propulsés par IA voient le jour. Mais dans cet amalgame de révolutions, en tant qu’écrivain, une question m’a effleuré l’esprit : face aux textes produits par IA, faut-il parler d’écriture ou de coécriture ?  Mais avant, et si on s’intéressait à l’écriture en elle-même ? A l’influence de l’IA sur celle-ci ? Et répondre enfin à notre question de départ ? 1. L’acte d’écrire Qu’est-ce qu’écrire ? Est-ce la simple action de poser des mots sur une feuille ou un écran ? Dans un sens, oui.  Mais l’écriture dont nous parlons ici va au-delà de cet acte.  Il inclue l’aspect intelligible de la créativité dans toute sa complexité ; la démarche artistique, la recherche du beau… De escrire (v. 1050), du latin scibere, signifie premièrement « tracer des caractères » ou encore « composer une œuvre » (Dictionnaire historique de la langue française – Rey, Alain). La seconde définition se rapproche de la réalité autour de laquelle nous débâtons dans cet article.  Réaliser une œuvre de fiction ou non, requiert plusieurs ingrédients ; le temps, la planification, la passion, la patiente, la cohérence, la constance…  Et pour avoir une œuvre présentable, pour ne pas dire parfaite, l’auteur peut produire plusieurs jets de son manuscrit. D’ailleurs, Ernest Hemingway dira, qu’aucun premier jet, de quoi que ce soit, n’est parfait. Pour moi, écrire c’est d’abord un acte de générosité et de courage. Courage d’embrasser la page blanche. Courage d’écrire, de récrire, de biffer, d’effacer, de reprendre son texte jusqu’au jet final.  2. La co-éciture La co-écriture ou encore écriture collaborative est la participation de deux ou plusieurs auteurs sur la création d’une œuvre. C’est une expérience difficile et à la fois passionnante qui requiert une écoute attentive entre les parties prenantes.  Petit à petit, au fil des discussions, des concessions et parfois des contradictions, l’œuvre se construit.  Les deux plumes qui se rencontrent, se confondent et se fécondent dans une complicité hors pair, pour produire un texte homogène et univoque. Mais cela requiert une discipline préétablie, car toute écriture collaborative se réalise, soit de façon : Parallèle (chaque auteur a une tâche spécifique) Coordonnée séquentielle (travail à tour de rôle, étape par étape) ou encore Simultanée (réciproque). La troisième manière me plait le plus, c’est celle dont je me suis servi sur L’Invité au Goncourt mon roman avec Laurence Kiehl paru en septembre 2024.  Mais pour Plume terrorisée, avec Philigence FAYE, nous avons plutôt procédé à une écriture en parallèle.  C’est un peu normal puisqu’il s’agissait d’un recueil de poèmes contrairement à L’Invité au Goncourt.  Si je peux me permettre un conseil, lancez-vous. Tentez l’expérience. Avec internet, la distance n’est plus une contrainte.  Pour la petite histoire d’ailleurs, des milliers de kilomètres me séparaient de mes co-auteurs au moment de l’écriture. L’un à Dakar, l’autre en France, alors que moi j’étais au Congo. Cela n’a nui aucunement à notre collaboration. 3. L’IA et le monde du livre Le monde du livre, tout comme les autres secteurs, n’a pas été épargné dans cette révolution de l’IA.  Pleins de livres ont été produits, publiés et vendus sur des librairies en ligne.  Les entrepreneurs du web ont vite crié à l’opportunités du siècle et ont inondé la toile.  Il y a eu tellement de livres du genre que les plateformes ont été obligé d’ajouter la mention « créé par intelligence artificielle ». Cela afin de ne pas pouvoir mettre dans un même moule tous les nouveaux livres publiés après le boom de l’IA.  Avec le temps, plusieurs IA spécialisés cette fois dans l’écriture de livres uniquement ont été lancés.  Je tais leurs noms dans cet article, mais toutes ces IA promettaient une chose : l’écriture d’un livre en tier en un rien de temps. Cela va bouleverser le monde du livre, mais comme si cela ne suffisait pas, certaines maisons d’éditions vont commencer à s’intéresser à l’IA. Harper Collins va proposer à ses auteurs 5000 dollars aux auteurs pour qu’ils offrent leurs livres afin d’entrainer des IA.  Ces IA, sont les leurs ? Celles des autres entreprises ? Ils sont très mystérieux sur le sujet. Mais la plupart des auteurs vont refuser cela, jugeant l’offre très insultante comme le dit cet article d’ActuaLitté. Quoi qu’il en soit, je m’imagine que peut-être certains essais ont déjà été menés sur des livres des auteurs à leur insu. En chine par exemple, une œuvre générée par IA (mais réécrite par l’auteur selon ses dires) a remporté un prix littéraire.  Et aujourd’hui, il existe des maisons d’éditions qui publient exclusivement des livres 100% IA. A cette allure, où dans un monde du livre où l’auteur se sentait déjà lésé, qu’en sera-t-il à l’ère de l’IA ? 4. Ecriture ou co-écriture ? C’est une question un peu difficile à répondre de façon catégorique. Mais pour arriver à ma réponse, j’aimerais y aller avec d’autres questions.  Pour un livre produit par ou avec l’IA (tout dépend de celui qui parle), peut-on dire que la personne aux manettes est un écrivain ? Ou c’est l’IA ? Entre l’IA et son collaborateur, lequel mérite la casquette d’auteur ? L’écriture assistée par IA, a-t-elle une « âme créative » ? L’écriture assistée par IA, est-elle vraiment une ? Ou juste un plagiat, une réécriture ou une paraphrase ? (Tiens ce sera ça mon prochain article) Peut-on encore envisager la figure de l’écrivain si à l’avenir l’IA devenait un partenaire incontournable dans le processus créatif ? Mais revenons à notre question de départ : s’agit-il d’une écriture ou une co-écriture ? Je pense que oui ! Car l’œuvre qui jaillit de cette collaboration est le fruit d’une sorte de partenariat entre l’humain et la machine.  L’homme donne les directives (le prompt), tandis que l’IA exécute. ……...

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Le droit d'auteur et l'IA dans l'industrie du livre

Le droit d’auteur et l’IA dans l’industrie du livre

L’industrie de l’intelligence artificielle est en évolution fulgurante.  Selon Statista, le marché de l’IA a dépassé les 184 milliards de dollars en 2024 et pourrait atteindre plus de 826 milliards d’ici 2030.  Si cette avancée technologique offre des opportunités énormes, elle soulève également des questions complexes, notamment dans le domaine des droits d’auteur.  Cet article explore les enjeux liés à l’utilisation de l’IA dans l’industrie du livre, en examinant les avantages, les inconvénients, les mesures juridiques existantes et les perspectives d’avenir. Lire aussi : Amazon KDP et IA L’émergence de l’IA dans l’industrie du livre L’intelligence artificielle, en particulier les modèles génératifs comme ceux d’OpenAI ou MidJourney, a radicalement transformé la façon dont les créations artistiques et littéraires sont produites.  En 2023, une enquête mondiale de PwC en 2024 indique que 64 % des dirigeants d’entreprise s’attendent à ce que l’IA générative augmente l’efficacité du temps de travail de leurs employés. Comment l’IA est-elle utilisée dans la création de livres ? Génération de contenu textuel : Les outils comme ChatGPT ou Jasper AI permettent de produire des ébauches de romans, de poèmes ou d’articles en quelques minutes. Aide à la traduction et à la localisation : DeepL et d’autres outils IA rendent les œuvres accessibles à un public mondial. Conception de couvertures : Les outils comme DALL-E peuvent créer des visuels adaptés aux thèmes des ouvrages. Analyse de tendances : Les algorithmes d’IA aident à prévoir les tendances éditoriales et à optimiser le marketing des livres. Ces innovations apportent de nombreux avantages à l’industrie, mais elles ne sont pas sans poser des défis juridiques et éthiques. Avantages et inconvénients de l’IA dans l’industrie du livre Avantages Accessibilité accrue : L’IA permet aux auteurs et éditeurs de produire et de traduire des contenus rapidement, réduisant ainsi les coûts. Gain de temps : Les outils génératifs réduisent le temps de création, ce qui est idéal pour les auteurs pressés ou les projets à deadlines strictes. Expérimentation créative : Les IA peuvent proposer des idées nouvelles ou explorer des styles littéraires inhabituels. Inconvénients Perte d’authenticité : Les œuvres produites par l’IA peuvent manquer de profondeur ou d’âme, un élément souvent associé à la créativité humaine. Problèmes de droits d’auteur : Qui détient les droits sur une création générée par une IA ? Le programmeur, l’utilisateur ou personne ? Plagiat involontaire : Les IA peuvent reproduire des extraits d’œuvres existantes sans les citer explicitement, soulevant des questions éthiques et juridiques. Lire aussi : L’industrie littéraire à l’ère de l’IA Les mesures juridiques autour des droits d’auteur et de l’IA Le droit d’auteur repose historiquement sur le concept d’œuvre originale créée par une personne physique.  Avec l’IA, cette définition est mise à l’épreuve. L’état actuel des lois En Europe, la Directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique (2019) ne traite pas explicitement des créations générées par l’IA, laissant un vide juridique. Aux États-Unis, les créations issues de l’IA ne sont pas éligibles au copyright, selon une décision de l’US Copyright Office en 2023. Au Japon, les œuvres produites par l’IA sont partiellement protégées si elles incluent une contribution significative de l’humain. Exemples concrets En 2022, un roman coécrit par une IA et un auteur japonais a été finaliste d’un prix littéraire. Les juges ont dû débattre pour savoir si le prix pouvait être attribué à une entité non humaine. En France, un éditeur a été poursuivi pour avoir publié un recueil de poésies générées par IA. Il aurait omis de créditer les sources d’inspiration textuelle. En 2023, un artiste a intenté une action en justice après que les États-Unis ont refusé le droit d’auteur pour une image générée par l’IA. Prévisions et perspectives d’avenir L’utilisation de l’IA dans l’industrie du livre continuera de croître, mais elle n’échappera pas à des régulations plus strictes. Voici quelques prévisions : Réglementations claires : Les gouvernements et organisations internationales devront établir des lois spécifiques pour les œuvres générées par l’IA. Certifications éthiques : Les auteurs et éditeurs pourraient devoir utiliser des IA conformes à des standards éthiques. Co-création homme-machine : L’avenir pourrait résider dans une collaboration harmonieuse, où l’humain donne le cap et l’IA exécute. Conclusion Le droit d’auteur et l’IA dans l’industrie du livre soulèvent des défis fascinants et complexes.  Si l’IA offre des outils puissants pour révolutionner la création littéraire, elle pose également des questions fondamentales sur la propriété intellectuelle et la créativité.  Il est crucial que les parties prenantes – auteurs, éditeurs, juristes et techniciens – travaillent ensemble pour façonner un avenir où innovation et respect des droits coexistent harmonieusement…. Adhésion requise Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.Already a member? Connectez-vous ici...

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L'Invité au Goncourt, première de couverture

L’Invité au Goncourt par Laurence Kiehl et Pascal Ashuza

Caractéristiques   PAPIER Éditeur(s) Lettres mouchetees Auteur(s) Laurence Kiehl, Pascal Ashuza Parution 13/09/2024 Nb. de pages 145 Format 1.3 x 2.1 EAN13 9782487254077   Commander le livre sur : Amazon Fnac Auprès de l’éditeur Résumé de L’Invité au Goncourt Au premier étage du restaurant Drouant, les jurés délibèrent… Parmi les prétendants littéraires au prix Goncourt, un jeune africain attend, les yeux clos. Son mutisme surprend. Qui est-il ? On raconte qu’il serait le fils d’un redoutable braconnier du parc des Virunga, en République démocratique du Congo. Derrière le voile de ses paupières, Huzuni replonge dans la genèse de son histoire, celle qui a mené ses pas jusqu’au cœur de la capitale française. A propos des auteurs Laurence Kiehl, enseignante de lettres, est une auteure française passionnée par les exercices de style. Elle a publié deux romans oulipiens : Littérateur (roman sans un mot féminin) et la Masculine (roman sans un mot masculin) lequel a obtenu le Prix de Science-fiction de la Journée du Manuscrit Francophone. (Octobre 2018). Pascal Ashuza, né en République démocratique du Congo, poète et romancier, a publié en 2021, Plume Terrorisée, un recueil de poèmes co-écrit avec l’écrivain sénégalais Philigence Faye. Il est le fondateur et directeur de publication du site et magazine littéraire lelivedulivre.com.

Interview Nelly Plateau : entre écriture, théâtre et cinéma

Interview Nelly Plateau : entre écriture, théâtre et cinéma

Originaire du sud de la France et aujourd’hui installée à Montréal, Nelly Plateau est une auteure au parcours atypique.  Après des études de lettres modernes, elle a exploré plusieurs horizons professionnels, dont celui d’interprète en langue des signes et d’enseignante de français en Nouvelle-Zélande.  En 2024, elle réalise un rêve de longue date avec la publication de son premier roman Les Choses évaporées.  Ce livre propose une réinterprétation du mythe de Dom Juan, mélangeant fantastique, science-fiction et dystopie. Dans cet entretien inédit, Nelly Plateau partage son expérience d’écriture, ses inspirations et son regard sur le monde littéraire contemporain. 1. Nelly Plateau, comment vos voyages ont-ils influencé votre écriture ? Mes voyages sont une source d’inspiration pour mes écrits. Cela influence mon style d’écriture, car lorsque j’utilise mes propres souvenirs pour écrire sur un lieu que je connais, toutes les sensations reviennent et ont besoin de ressortir sur le papier. Le lieu est relié à un instant, un vécu qui génère des émotions et des sentiments. Dans ces moments-là, tout est très prégnant dans ma mémoire et lorsque j’utilise ces différents endroits dans un roman tout est « déjà prêt » : le côté visuel et descriptif, les odeurs, les goûts, les ressentis, la kinesthésie, les bruits, le toucher… Souvent, mon écriture prend un tour plus poétique. Voyager permet aussi de se sortir de ses habitudes et de réactiver les sens. Voir de la nouveauté, être surpris, étonné, donne accès à un maniement des souvenirs sous une autre forme et à une exploreration de cette expérience lors de la rédaction. Nelly Plateau Auteure 2. Pourquoi revisiter le mythe de Dom Juan dans « Les Choses évaporées » ? J’ai toujours eu envie d’écrire un livre et j’avais commencé par produire des textes et des nouvelles en atelier d’écriture lorsque j’étais étudiante en Lettres à l’université. Après avoir travaillé en cours sur Dom Juan ou le festin de pierre, de Molière, j’avais eu besoin de transposer l’histoire dans notre société moderne. J’avais vingt ans et je me posais des questions sur les relations amoureuses et ce qui différenciait la séduction de l’amour. Le sujet sous-jacent était de savoir si les manigances de dragueur de Dom Juan pourraient tenir le choc face à notre époque. J’avais donc écrit une nouvelle Jean de Deaumont, qui reprenait les scènes de Dom Juan et les jouait dans des décors actualisés des années 2000.  Cette nouvelle, achevée en tant que premier jet, m’a poursuivie durant des années, au fil de ma vie. La question de l’amour et séduction est restée, mais ma vision des choses a évolué.  Il y a cinq ans, l’envie d’écrire était toujours très présente et j’ai repris ma nouvelle et réécrit le début de l’histoire. J’avais réussi à implanter un nouveau lieu et à faire émerger mes personnages (deux femmes, un ascenseur). Avoir une base de récit et des protagonistes m’a offert la possibilité de me lancer totalement dans mon idée, l’année dernière en 2023. J’ai eu un peu plus de temps libre et j’ai sauté sur l’occasion pour enfin me focaliser sur mon roman et réaliser mon rêve. Par ailleurs, les vingt-cinq ans de maturation ont permis d’ajouter de la profondeur à la réflexion et à mon projet de livre, ce que je ne regrette pas. Les Choses évaporées Nelly Plateau Auteure Les 7 rêves de l’amour 3. Avez-vous des rituels d’écriture quotidiens ? Je n’ai pas d’horaire d’écriture spécifique ni de véritables rituels. L’important pour moi est d’écrire tous les jours dès que j’ai du temps libre. Cela se fait à n’importe quel moment de la journée en dehors de mon travail. Cela peut être de la correction de mes textes déjà existants, de la rédaction d’une scène, de la réécriture ou approfondissement de certains paragraphes, ou encore de la réorganisation de chapitres, mise en place du calendrier de l’intrigue, etc. Mon habitude essentielle est d’apporter mon carnet de notes ’, et souvent mon ordinateur portable, partout avec moi. Cela me permet de consigner toutes les idées qui me viennent au cours de la journée. L’inspiration arrive spontanément et cela peut-être une phrase, un dialogue entre mes personnages qui surgit, un thème, une séquence, un lieu intéressant, les liens que je fais dans l’intrigue et que je veux faire ressortir.  Lorsque je lis le soir, je garde aussi mon carnet de notes avec moi, car des bribes de pensées, ou des passages complets à écrire me parviennent et je relève le tout pour ne pas les oublier. Le lendemain, ou le plus tôt possible, je recopie mes pages en les retravaillant directement dans mon manuscrit sur ordinateur. 4. Comment l’interprétation en langue des signes influence-t-elle votre écriture ? Dans Les Choses évaporées, il est évident pour moi que l’influence de mon métier d’interprète en langue des signes est présente. L’aspect visuel, presque cinématographique selon les moments, a tout de suite imprégné le roman. Ma manière d’aborder les scènes, de décrire l’environnement part toujours d’une mise en place d’un lieu, puis des éléments et des personnages pour ensuite suivre le point de vue d’un des protagonistes. De même, les échanges de regards et les expressions du visage et corporelles reviennent souvent dans ce livre et renseignent sur les relations et les ressentis des différentes figures entre elles. À la réécriture, j’ai dû insister, dans certains passages de fiction, sur tous les autres éléments que j’avais négligés : les odeurs, les sons, par exemple, pour que le discours soit équilibré et d’autant plus immersif. Les langues des signes ont des structures grammaticales et syntaxiques différentes des langues parlées et écrites et il n’est pas possible de calquer un récit en langue des signes directement en suivant l’ordre des signes et en le transposant avec des mots français. Néanmoins, si je dois faire un parallèle, il me semble que mon utilisation des phrases courtes, directes et factuelles s’inspire de la langue des signes. Enfin, tout comme dans mon métier j’ai cherché dans chaque énoncé à être concise et claire, et à toujours manier le vocabulaire juste qui…

Différence entre l'auteur et le narrateur dans une œuvre de fiction

Différence entre l’auteur et le narrateur en fiction

Dans le domaine de la narratologie, il est souvent tentant de confondre le narrateur avec l’auteur d’une œuvre de fiction.  Cette confusion est d’autant plus courante que, dans de nombreuses œuvres, le narrateur semble adopter le point de vue et les expériences de l’auteur.  Pourtant, ces deux entités sont distinctes. Le narrateur, qu’il soit interne, externe ou omniscient, est une construction narrative, tandis que l’auteur est la personne réelle derrière l’œuvre.  La nuance entre ces deux rôles devient encore plus subtile dans les récits autobiographiques, où l’on peut discerner un lien étroit entre l’auteur, le narrateur et le personnage principal. Différence entre auteur et narrateur Lire aussi : narration et point de vue L’auteur et le narrateur : une distinction cruciale Pour comprendre la différence entre l’auteur et le narrateur en fiction, il est essentiel de saisir les nuances qui séparent ces deux figures. Le narrateur est celui qui raconte l’histoire, tandis que l’auteur est celui qui l’écrit. Dans certains cas, le narrateur peut sembler se confondre avec l’auteur, notamment lorsque l’on a affaire à un narrateur à la première personne. Pourtant, même dans ces cas, il est important de ne pas oublier que le narrateur reste une création littéraire. Cette distinction est explorée dans les travaux de Luc Herman et Bart Vervaeck, auteurs du Handbook of Narrative Analysis. Ils introduisent trois notions importantes : l’auteur implicite (implied author), l’auteur dramatisé (dramatized author) et l’auteur non dramatisé (undramatized author). Ces concepts permettent de clarifier le rôle de l’auteur dans la narration, tout en distinguant son influence sur le récit. 1. L’auteur implicite : une présence invisible L’auteur implicite est un concept fascinant dans la narratologie. Il s’agit d’une figure qui, bien qu’elle ne soit pas directement visible dans le texte, en façonne l’orientation et les valeurs. L’auteur implicite est celui qui est responsable de la vision du monde qui émane de l’œuvre. Cette vision peut différer de celle du narrateur et des personnages, car elle reflète plus la perspective globale de l’œuvre. Gerard Genette, célèbre critique littéraire francophone, utilise un terme similaire : celui d’auteur induit. Bien que ces notions diffèrent légèrement dans leurs interprétations, elles partagent une idée commune : l’auteur implicite ou induit joue un rôle déterminant dans la construction du récit, même s’il reste en arrière-plan. Certains critiques, comme Karl Juhl, vont jusqu’à associer l’auteur implicite à l’auteur réel, surtout dans les œuvres où l’auteur semble infuser sa propre vision du monde dans l’histoire racontée. 2. L’auteur dramatisé : au cœur du récit L’auteur dramatisé, quant à lui, est une figure beaucoup plus visible dans le texte. Le terme « dramatisé » renvoie ici à une forme de théâtralisation de l’auteur. Contrairement à l’auteur implicite, l’auteur dramatisé fait partie intégrante du récit, en tant qu’acteur principal. On peut le reconnaître par l’utilisation fréquente du « je » ou du « nous », ce qui indique que l’auteur assume pleinement ses actions dans le récit. L’auteur dramatisé n’est pas seulement un observateur, mais également un protagoniste. Il s’implique dans l’histoire, agissant et interagissant avec les autres personnages. Ce rôle est plus souvent rencontré dans des œuvres autobiographiques ou des récits à la première personne, où l’auteur semble fusionner avec le narrateur. 3. L’auteur non dramatisé : un observateur extérieur À l’inverse, l’auteur non dramatisé ne participe pas activement à l’histoire. Il se contente de la raconter, souvent à la troisième personne, en adoptant une posture plus distante. Il est comparable à un narrateur qui observe les événements de l’extérieur, sans y prendre part. Dans ce cas, l’auteur non dramatisé agit davantage comme un caméraman ou un journaliste qui relate les faits sans intervenir directement dans l’action. Cette approche permet à l’auteur de rester en retrait, tout en conservant une influence sur la manière dont l’histoire est perçue par le lecteur. Il s’agit d’un style narratif souvent utilisé dans les récits omniscients, où l’auteur-narrateur se place au-dessus des personnages, contrôlant le déroulement de l’histoire sans y être directement impliqué. Les 5 sens des personnes dans la construction de l’intrigue Narrateur ou auteur ? Une frontière ténue La distinction entre le narrateur et l’auteur est parfois floue, mais elle est essentielle pour comprendre les dynamiques narratives d’une œuvre de fiction. Alors que le narrateur est la voix qui raconte l’histoire, l’auteur est la personne réelle qui l’a écrite. Pourtant, dans certaines œuvres, il peut sembler que l’auteur et le narrateur ne font qu’un. Cette confusion est particulièrement présente dans les récits autobiographiques, où l’auteur semble directement s’adresser au lecteur à travers le narrateur. Cependant, même dans ces cas, il est important de se rappeler que le narrateur reste une figure fictive, créée par l’auteur pour servir le récit. Pour éviter toute confusion, il est souvent plus judicieux d’utiliser le terme de « narrateur » pour désigner la voix qui raconte l’histoire, plutôt que celui d’ »auteur ». Ainsi, on pourrait parler de narrateur implicite, de narrateur dramatisé ou de narrateur non dramatisé, selon le rôle qu’il joue dans le récit. Conclusion : une approche nuancée de la fiction En somme, la différence entre l’auteur et le narrateur en fiction est subtile mais cruciale. L’auteur, qu’il soit implicite, dramatisé ou non dramatisé, joue un rôle clé dans la construction du récit, mais il ne doit pas être confondu avec le narrateur, qui est la voix narrative à l’intérieur de l’histoire. En prenant en compte ces distinctions, les lecteurs peuvent mieux comprendre les dynamiques narratives d’une œuvre et apprécier les choix stylistiques et narratifs de l’auteur. Cette distinction, bien que parfois complexe, permet d’enrichir notre compréhension de la fiction et des différentes façons dont un auteur peut manipuler le récit pour servir ses objectifs littéraires.

Le roman d’apprentissage et le développement personnel points communs

Le roman d’apprentissage et le développement personnel : points communs ?

Le roman d’apprentissage et le développement personnel ont multiples points communs selon moi. C ’est ce que j’ai réalisé en lisant Yves Staloni dans son Dictionnaire du roman. L’un comme l’autre, met en avant un personnage principal en quête de soi. A travers une série d’épreuves qualifiantes, celui-ci parvient à ses fins au prix de moult sacrifices. Ces deux genres ont comme ambition première de délivrer un message d’espoir. Mais de quoi parle chacun de ces genres ? Quelles sont leurs caractéristiques respectives ? Quels sont leurs points de ressemblance ou de dissemblance ? Roman graphique et roman-photo 1. Le roman d’apprentissage Souvent confondu au roman « d’aventure », « d’éducation » ou « d’initiation », ce genre voit le jour au XIXe siècle en Allemagne sous le nom de bildungsroman. Ce terme aurait été crée par le critique littéraire allemand Karl von Morgenstern pout désigner le livre Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister de J. W. von Goethe. Dans le monde de la critique littéraire anglo-saxon, ce genre est désigné par life novel, sans doute parce qu’au centre du récit, on a un héros qui découvre la vie et se forge à travers des difficultés. Lukàs propose une définition qui convient parfaitement à ce type d’œuvre, lui qui dit que tout roman est : « la voie qui mène un homme à la connaissance de lui-même. » Caractéristiques du roman d’apprentissage Le personnage principal est jeune, très souvent de sexe masculin ; Il est guidé, accompagné et formé par un mentor ; Il devra faire face à des difficultés d’ordre psychologique, physique, sociologiques… Le processus d’apprentissage, selon les cas, débouche sur un résultat positif ou négatif. 2. Le développement personnel Le développement personnel est un marché en pleine expansion. Avec une taille de marché de plus de 40 milliards en 2020, elle connaitra un accroissement de 7% les huit prochaines années selon les prévisions du site Data Brige Market Research, En France, il pèse plus de 3 milliards d’euros, et entre 2021 et 2022, il a connu un accroissement de chiffre d’affaires de 17,5% atteignant ainsi les 71 millions d’euros. Des auteurs comme Laurent Gounelle, Raphaëlle Giordano, Maud Ankaoua y occupent une bonne place. Selon Wikipédia, le développement personnel est un ensemble de méthodes et des techniques, parfois même des courants de pensées qui ont pour objectifs : L’amélioration de la connaissance de soi, La valorisation des talents potentiels, L’amélioration de la qualité de vie, La réalisation de ses aspirations et rêves. 3. Points communs entre développement personnel et roman d’apprentissage Le point commun entre le développement personnel et le roman d’apprentissage (ou « Bildungsroman ») réside dans le processus de croissance et de transformation du personnage ou de l’individu. Pour le développement personnel, il s’agit de la quête d’une meilleure version de soi-même qui commence par une prise de conscience. La personne acquiert de compétences qui lui permettent de surmonter des obstacles personnels. Le roman d’apprentissage quant à lui suit généralement un jeune personnage à travers une série d’expériences qui le façonnent et le mènent à une compréhension plus profonde de lui-même et du monde. Dans les deux cas, il y a une évolution intérieure qui conduit à une maturation personnelle.

3 étapes d’un projet d’écriture (selon moi)

3 étapes d’un projet d’écriture (selon moi)

Un projet d’écriture se déroule selon moi en 3 grandes étapes qui sont l’extase, la désillusion et la prise de conscience. J’appelle la période d’extase, ce moment où vous avez l’impression d’avoir l’idée du siècle que vous voulez à tout prix transcrire en livre. Vous planez dans un nuage, dans le monde des idées comme le disent souvent les philosophes. La deuxième étape que j’appelle la désillusion vous rattrape très vite et vous remet les pieds sur terre, l’excitation ressentie au début baisse et laisser place au doute. Certains peuvent rester bloqués à cette étape et laisser tomber leur projet mais si vous décidez de la franchir alors… Vous passez à la troisième étape qui est la prise de conscience. Vous réalisez que tout compte fait votre idée n’est pas si originale que vous le croyiez mais vous décidez tout de même d’y mettre du vôtre. Etape 1 : L’extase Si comme moi vous débordez d’enthousiasme à chaque nouveau projet d’écriture, sachez que vous n’êtes pas le seul, ça nous arrive à tous, à un moment où à un autre. En fait c’est ce qu’on appelle le syndrome de l’objet brillant, très fréquent chez les personnes créatives. Mais moi je l’appelle le syndrome de la bonne idée, j’ai déjà consacré un article de blog à ce sujet d’ailleurs. Ce syndrome conduit le plus souvent à la procrastination car vous stagnez et vous n’osez pas passer à l’étape suivante. Cette extase s’empare de vous à chaque nouveau projet, à chaque nouvelle idée que vous avez. Puisqu’on parle de l’écriture, je peux vous dire que nombreux ne franchissent pas ce stade et trouvent toujours un moyen de se justifier envers eux-mêmes. J’ai rencontré nombreuses personnes qui me répétaient inlassablement qu’ils pensaient ou qu’ils aimeraient rédiger sur X ou sur Y sujet. Et moi toujours de répondre : pourquoi attendre ? Pourquoi penser alors que vous pouvez le faire ? Lire aussi : le syndrome de la bonne idée Etape 2 : La désillusion Après ce moment votre pic de motivation chute, votre enthousiasme s’amenuise. Ce moment vous retire de la dimension parallèle dans laquelle vous vous êtes installée pendant un moment. Cette étape est décisive car elle détermine si vous allez poursuivre ou abandonner votre projet. Et très souvent, la balance se penche du côté de l’abandon. Mais si vous avez décidé de ne pas écouter cette voix qui vous susurrait à l’oreille d’abandonner, alors vous avez franchi avec succès cette étape et vous êtes à présent prêt à embrasser la suivante. En général, c’est à ce stade que vous faites un petit clin d’œil à Google ou n’importe quel moteur de recherche. Vous vous rendez alors compte, non pas sans stupéfaction, que votre idée n’est pas tout à fait originale tel que vous le pensiez au départ.  C’est souvent à ce stade que nombreux jettent l’éponge en se disant à quoi bon reprendre ce qui a été déjà dit ou fait ? Mais si les nombreux érudits nous ayant précédés avaient réfléchi de la sorte, il n’y aurait pas eu autant de livres scientifiques. Lire aussi : devenir auteur à temps plein aujourd’hui Etape 3 : La prise de conscience Si vous êtes à cette étape, bravo à vous car c’est à ce grand moment que vous vous dite que… Oui votre idée n’est pas celle du siècle ; Oui vous n’êtes peut-être pas le ou la première à y penser ; Oui, vous pouvez vous l’approprier en y ajoutant votre touche personnelle et enfin donner vie à votre récit. A ce stade, vous êtes prêts à embrasser la réalité avec lucidité et vous attaquer à l’écriture. Vous planifiez vos objectifs d’écriture journaliers ou vous décidez d’y aller sans aucune pression en écrivant qu’au moment où vous vous sentez d’attaque. Mais quelle que soit votre idée ; livre de non fiction, billet de blog, essai, roman, foncez et partagez au monde votre histoire.

En célébration des 90 ans de Wole Soyinka, le premier Africain lauréat du Prix Nobel de littérature, une série d'hommages et de célébrations aura lieu.

Wole Soyinka honoré au Maroc pour ses 90 ans

Le 9 juillet 2024, la Chaire des littératures et des arts africains de l’Académie du Royaume du Maroc accueillera un événement d’une envergure exceptionnelle. En célébration des 90 ans de Wole Soyinka, le premier Africain lauréat du Prix Nobel de littérature, une série d’hommages et de célébrations aura lieu.  Cet événement réunira des intellectuels, des écrivains et des admirateurs de toute l’Afrique et au-delà, pour honorer une vie dédiée à la littérature et à la lutte pour les droits humains. Lire aussi : prix Nobel 2024 Les débuts de Wole Soyinka Né le 13 juillet 1934 à Abeokuta, au Nigeria, Wole Soyinka a démontré dès son jeune âge un talent exceptionnel pour les arts et les lettres.  Après des études au Nigeria, il part pour l’Angleterre où il s’inscrit à l’Université de Leeds. C’est là qu’il commence à affûter sa plume et à développer un style unique, marqué par une profonde connaissance des traditions africaines et une critique incisive des injustices sociales. Un Nobel mérité En 1986, Soyinka devient le premier Africain à recevoir le Prix Nobel de littérature. Il est récompensé pour son œuvre riche et variée qui explore la culture africaine tout en dénonçant les tyrannies et les inégalités. Parmi ses œuvres les plus connues, on trouve des pièces de théâtre telles que « Le Lion et la Perle » et « La Route », ainsi que des romans comme « Les Interprètes ». Devenir auteur à temps plein Programme de célébration L’Académie du Royaume du Maroc a préparé une série d’événements pour célébrer cet anniversaire marquant. Voici un aperçu du programme : Séance d’ouverture : Présidée par Eugène Ebodé, avec des allocutions de figures éminentes telles qu’Abdeljalil Lahjomri et Wale Okediran, qui rendront hommage à l’immense contribution de Soyinka à la littérature africaine. Lectures de poèmes : Des étudiants des universités marocaines liront des poèmes en hommage à Soyinka, suivies de la remise d’un trophée spécial de l’Académie. Discours de Wole Soyinka : Une allocution du lauréat du Prix Nobel clôturera cette matinée, suivie d’un déjeuner. Tables rondes : Des discussions animées par des écrivains et des universitaires de renom, incluant une séance sur le dernier roman de Soyinka Chroniques des gens les plus heureux du monde. L’héritage de Wole Soyinka Un champion des droits humains En plus de son œuvre littéraire, Soyinka est reconnu pour son activisme politique.  Il a constamment utilisé sa notoriété pour dénoncer les abus de pouvoir et les violations des droits humains.  Son courage face à la dictature nigériane lui a valu des emprisonnements et des exils, mais n’a jamais entamé sa détermination à lutter pour la justice et la liberté. Une influence durable L’influence de Wole Soyinka s’étend bien au-delà de la littérature.  Il a inspiré des générations d’écrivains, d’artistes et d’activistes à travers le monde.  Ses œuvres continuent d’être étudiées et célébrées pour leur profondeur philosophique, leur innovation stylistique et leur engagement envers les causes sociales. Conclusion La célébration des 90 ans de Wole Soyinka à l’Académie du Royaume du Maroc est une occasion unique de rendre hommage à un géant littéraire et à un fervent défenseur des droits humains.  C’est une reconnaissance de l’impact durable de son travail et de son influence continue sur la littérature et la société.  En honorant Soyinka, nous célébrons non seulement son passé glorieux mais aussi son héritage vivant et son inspiration pour les générations futures…. Adhésion requise Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.Already a member? Connectez-vous ici...

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La création littéraire à l'ère de l'IA

La création littéraire à l’ère de l’IA

La création littéraire, peut-on encore y croire à l’ère où l’IA frappe fort et tente de prendre toute la place ? Depuis le lancement par Openai de Chat GPT, l’industrie de l’intelligence artificielle a explosé. Des IA génératives de textes, d’images et tout récemment des vidéos, ces outils génèrent peur et frustration. Les plus alarmistes annoncent la disparition de plusieurs métiers pendant que les plus optimistes et peut-être aussi réalistes pensent qu’il faudra vivre avec. La révolution de l’IA est là et elle n’est pas prête à s’arrêter. Il faut tâcher de trouver un moyen de se faire à la réalité et de s’en servir comme des outils dont on se sert déjà comme les logiciels d’écriture. Mais il sied de signaler qu’aucune technologie n’aura toutes les facultés humaines… Devons-vous nous en frotter les mains ? L’avenir nous donnera raison Faire le plan de son livre 1. IA et créativité Toute révolution technologique a toujours des conséquences – positives ou bien négatives – sur son temps. Notre époque n’échappera pas à son impact qui continue à faire railler plus d’un. J’ai eu l’envie de rédiger cet article dernièrement quand, scrollant calmement sur Facebook, je suis tombé sur une publicité d’une IA. L’IA en question (oups, je n’ai même pas retenu le nom) repose son marketing sur une promesse : vous aider à produire un bestseller en 1 minute. Bestseller ? Ce mot, d’origine anglaise, contient le verbe to sell (vendre) et l’adjectif best (meilleur) qu’on peut traduire littéralement par meilleur vente. N’est-ce pas un peu précipité, de parler de « bestseller » avant même l’écriture du livre en question ? Il faut dire que le créateur de la publicité à tout misé sur sa promesse, comme le prescrit les normes du copyrighting. Cela m’a surpris et désolé à la fois que j’ai eu mille et une questions dans ma tête. Ce sera quel genre de récit ? Dans quel style ? Sera-t-il authentique ? Emouvant ? Quand il faut des mois voire des années à certains auteurs pour achever un livre, et voir qu’on peut pondre bêtement 300 pages avec juste un prompt… c’est affligeant. Je me suis tout de suite interrogé sur ce raccourci que certains n’hésiteront pas à emprunter s’ils ne le font pas déjà. 2. Limites actuelles de l’IA en création littéraire Depuis la parution des IA, nombreuses personnes se sont penchées sur l’épineuse question de savoir comment détecter un texte ou une image créée par des intelligences artificielles. Pour certains, on peut remarquer la présence des majuscules au début de chacun de mots d’un titre. Ça Ressemble A Ceci (illustration insérée volontairement dans le texte). D’autres diront encore, pour les images, qu’il y a des imperfections sur certains organes : les lèvres, les oreilles, les yeux. Les voix quant à elles, sont souvent machinales, bref, ça saute aux yeux une œuvre avec une IA pour les habitués. Mais depuis la création de ces outils, on ne peut pas se mentir, ils ont évolué et tentent de répondre aux attentes des utilisateurs. Pour la création littéraire, ceux qui s’en servent recourent aux outils IA de rédaction des textes. Pour certains, tout semble préformaté, les mêmes phrases, les mêmes tournures, la même structure. D’après tout, son rôle est de proposer une réponse à votre question, sa manière de formuler semblerait être la même. Les habitués d’IA font remarquer que plus on est spécifique dans son prompt (sa requête), plus l’IA génère les meilleurs résultats.  Mais une chose est certaine, l’IA, tout comme les logiciels de correction, ne pourra pas détecter l’incohérence dans le récit, il répond c’est tout. Tout ce que nous pouvons dire actuellement est que la frontière est encore très large entre la création humaine et la création artificielle, mais plus le temps passe, plus cette frontière s’amenuise. Est-ce que c’est pour autant qu’il faudra dire que l’IA ne rattrapera pas la touche humaine ? Attendons voir… Lire aussi : devenir auteur à temps plein aujourd’hu ? 3. Craindre ou tirer parti de l’IA en création littéraire ? Puisque cette question est formulée en deux volets, je répondrai selon les deux points de vue en étayant chacune. L’être humain est un artiste ; dans chacun de ses livres il nous dévoile une partie de son être. L’écriture, c’est un don de soi à son lecteur. C’est pour ça qu’un auteur usera de l’empathie, de l’émotion, parlera de ses expériences de façon directe ou indirecte, des lieux où il a vécu, de son passé, des ses échecs, de ses difficultés. C’est l’ensemble de tout cela qui donne naissance à un récit émotionnellement et humainement engageant. L’IA par contre n’a pas d’histoire, n’a pas de passé, de maison d’enfance. Pour assembler, tel un puzzle son récit, il recourra à des copier-coller par-ci par-là, pour donner naissance à une histoire. Crédible peut-être mais qui n’a rien de personnel, d’authentique. Faut-il craindre la révolution de l’IA ? D’un côté oui parce qu’il y aura toujours des gens qui s’en serviront et se les approprieront. C’est déjà le cas qu’Amazon a exigé désormais la mention sur les livres créés par l’IA. D’un autre côté, nous pouvons dire que toutes les créations faites par intelligences artificielles laissent encore à désirer mais ils continuent à se développer. A chacun de continuer à travailler ses compétences, de continuer à s’améliorer s’il ne veut pas se faire remplacer. Pour finir, je me range du même côté que le « technopoète » Alain Damasio qui recommande de n’avoir ni une vison technophobe, ni technophile mais plutôt technocritique ? Abordons cette révolution avec un esprit à la fois ouvert et critique, car le révolution de l’IA ne reculera pas.

Peut-on encore espérer devenir auteur à temps plein aujourd'hui ?

Devenir auteur à temps plein aujourd’hui

Peut-on encore rêver de devenir auteur à temps plein dans un monde du livre devenu rude ? Dans l’univers littéraire, la question de la propriété intellectuelle et des droits d’auteur est d’une importance cruciale. Elle façonne non seulement les revenus des écrivains mais aussi la protection de leurs créations.  Alors que le monde célèbre la journée mondiale du livre et du droit d’auteur, il est essentiel d’examiner les enjeux contemporains entourant ces aspects fondamentaux de l’industrie du livre.   Lisez aussi : 6 questions avant de débuter son livre Les enjeux de la propriété intellectuelle dans le domaine du livre La propriété intellectuelle englobe un ensemble de droits exclusifs accordés aux créateurs pour protéger leurs œuvres contre toute utilisation non autorisée. Au cœur de cette notion se trouvent les droits d’auteur, qui confèrent aux auteurs le pouvoir de contrôler la reproduction, la distribution et la présentation publique de leurs créations littéraires. La protection des droits d’auteur : Les droits d’auteur assurent aux écrivains une protection légale contre le plagiat et la copie non autorisée de leurs œuvres. Cela leur permet de bénéficier de revenus équitables grâce à la commercialisation de leurs livres. L’importance de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur : Chaque année, le 23 avril, la journée mondiale du livre et du droit d’auteur est célébrée pour sensibiliser le public à l’importance de la lecture, de l’écriture et du respect des droits des auteurs. Cette journée rappelle également l’engagement en faveur de la libre circulation des idées à travers les livres, tout en soulignant l’importance économique et culturelle de l’industrie du livre. La suite de cet article explorera en profondeur ces enjeux en examinant La répartition des droits d’auteur dans la chaîne du livre, Les défis auxquels les auteurs font face dans l’environnement numérique actuel, ainsi que Les opportunités et les obstacles pour ceux qui aspirent à devenir des auteurs à temps plein. Droits d’auteur et succès d’un bestseller Lorsqu’un livre devient un bestseller, non seulement il captive les lecteurs à grande échelle, mais il soulève également des questions cruciales concernant la répartition des droits d’auteur et l’impact financier sur les auteurs. Explorons de plus près ces aspects qui définissent le succès des bestsellers du point de vue de la propriété intellectuelle. Comment sont répartis les droits d’auteur pour un bestseller ? La répartition des droits d’auteur pour un bestseller est souvent déterminée par les contrats entre l’auteur, l’éditeur et éventuellement d’autres parties comme les agents littéraires. Typiquement, un auteur peut percevoir un pourcentage des ventes de chaque exemplaire vendu, appelé redevance. Cette redevance varie selon les accords contractuels, mais elle peut être de l’ordre de 10 à 15 % pour les exemplaires physiques et jusqu’à 25 % pour les versions numériques. Cependant, il est important de noter que la répartition des droits d’auteur peut être plus complexe pour les bestsellers, car ces livres peuvent générer des revenus provenant de diverses sources telles que les ventes internationales, les adaptations cinématographiques, les droits de traduction, les produits dérivés, etc. Dans ces cas, les contrats doivent spécifier clairement comment les revenus sont répartis entre les différentes parties impliquées. Impact de la propriété intellectuelle sur les revenus des auteurs à succès Le succès d’un bestseller peut avoir un impact significatif sur les revenus de l’auteur grâce à la propriété intellectuelle. En plus des redevances directes provenant des ventes de livres, les auteurs à succès peuvent bénéficier de droits dérivés, tels que les droits d’adaptation pour le cinéma ou la télévision, les droits de traduction pour une publication à l’étranger, les ventes de licences pour des produits dérivés, etc. Ces droits dérivés peuvent représenter une part importante des revenus totaux d’un auteur à succès. Par exemple, une adaptation cinématographique réussie d’un bestseller peut générer des millions de dollars en revenus pour l’auteur sous forme de droits d’auteur, de redevances et de participations aux bénéfices. Cependant, il est essentiel pour les auteurs de comprendre pleinement leurs droits et de négocier des contrats équitables pour garantir une rémunération appropriée pour leur travail créatif. La gestion efficace de la propriété intellectuelle est donc cruciale pour maximiser les revenus et protéger les intérêts des auteurs à succès dans l’industrie du livre. Auto-édition vs édition traditionnelle : quels impacts sur les droits d’auteur ? Les avantages et inconvénients de l’auto-édition en termes de droits d’auteur L’auto-édition et l’édition traditionnelle représentent deux voies distinctes pour les auteurs, chacune ayant ses propres implications en matière de droits d’auteur. Avantages de l’auto-édition : Contrôle total des droits : L’un des principaux avantages de l’auto-édition est que l’auteur conserve le contrôle total de ses droits d’auteur. Cela signifie qu’il peut décider de la distribution, de la promotion et des adaptations de son œuvre sans l’intermédiaire d’une maison d’édition. Revenus plus élevés : En auto-éditant, l’auteur peut généralement bénéficier de revenus plus élevés par exemplaire vendu, car il n’a pas à partager ses gains avec une maison d’édition. Cela peut être particulièrement avantageux pour les auteurs à succès qui peuvent toucher des royalties plus importantes. Flexibilité : L’auto-édition offre une grande flexibilité en termes de formats, de prix et de stratégies de marketing. L’auteur a la liberté de prendre des décisions rapidement et d’expérimenter différentes approches pour atteindre son public. Inconvénients : Responsabilités accrues : En auto-éditant, l’auteur est responsable de toutes les étapes de la publication, y compris l’édition, la conception de la couverture, la promotion et la gestion des droits d’auteur. Cela peut nécessiter des compétences supplémentaires et du temps. Visibilité limitée : L’auto-édition peut parfois entraîner une visibilité limitée pour l’œuvre, car les auteurs doivent souvent rivaliser avec un grand nombre de livres auto-édités sur le marché. Gestion des droits d’auteur pour les auteurs publiés par une maison d’édition :* Avantages : Expertise professionnelle : Travailler avec une maison d’édition peut offrir aux auteurs l’expertise professionnelle en matière d’édition, de distribution et de promotion, ce qui peut accroître la visibilité et les ventes de leurs livres. Accès à un réseau étendu : Les maisons d’édition ont souvent des réseaux…